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- Ce sujet contient 12 réponses, 5 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
dmarcos, le il y a 4 mois.
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27 avril 2026 à 22h42 #410000160944
dmarcos
MembreBonsoir.
Je me suis fait cadeau d’une mignonne montre à coq de 1838 (poinçon crabe, argent 800/1000).
Contre toute attente, la montre fonctionne dans toutes les positions et donne une heure plutôt correcte.
Problème : je n’ai aucune idée de la date de sa dernière révision et je n’ai pas envie de l’abîmer en la faisant fonctionner sans lubrification.
Je pensais donc la démonter, nettoyer et lubrifier comme je fais pour les montres en général.
Question : doit-on lubrifier les points de contact entre les palettes et la roue d’échappement ?
Merci beaucoup.

28 avril 2026 à 10h23 #420005079607Torzio
MembreIl y a 2 écoles, à mon sens, ceux qui ne lubrifient pas du tout les palettes et ceux qui les lubrifient symboliquement. Je fais partie de la dernière.
Si votre montre fonctionne et si elle est propre, ce n’est pas la peine de la démonter, sauf si vous percevez des traces vertes dans les huiliers, ce qui signifierait qu’elle a été lubrifiée par de vieilles huiles qui ont gommées avec le temps. Mais dans ce cas, elle ne fonctionnerait certainement pas. Depuis 1/2 siècle on emploie des huiles de synthèse qui sont parfaitement stables. Peut être un léger nettoyage de la boîte. Elle semble en parfait état. Il vaudrait mieux vous faire la main sur des épaves. On ne fait pas fonctionner ces vieilles montres tous les jours.
@+
JC28 avril 2026 à 10h55 #420005079608dmarcos
MembreMerci beaucoup pour votre réponse.
Pour remettre en contexte, bien qu’autodidacte, j’ai une solide expérience du rhabillage des montres de tous types, à ancre suisse ou postérieures, chronos, électromécaniques, quartz primitifs, etc…
Je suis débutant en revanche sur les montres à coq et je me suis exercé sur un mouvement que j’avais pour m’habituer aux particularités de ces merveilleux mouvements.
J’ai trop souvent vu des montres modernes (1930 et au delà) avec des dégâts irréversible causés par une utilisation sans lubrification. En particulier là où la tige de remontoir entre dans la platine (métal contre métal) et au niveau du contact entre l’arbre de barillet et la platine/pont de barillet (idem).
C’est celà qui me preocupe et qui, pour le moment, m’empêche de profiter pleinement de ma montre de poche.28 avril 2026 à 11h50 #420005079609Saturne
MembreBonjour,
Comme Torzio, je fais partie de ceux qui lubrifient légèrement les palettes (même si les ouvrages anciens le déconseillent).
Pour ce qui est du besoin de réviser ou non, je dirais que la bonne question à se poser c’est : à quelle fréquence penses-tu utiliser cette montre?
Si tu est du genre (comme certains collectionneurs que je connais) à remonter toutes tes montres tous les jours. En effet, il serait judicieux de faire un démontage, nettoyage, lubrification pour éviter une usure accélérée.
Si par contre, si c’est pour la remonter trois fois dans l’année, je pense qu’il n’est pas nécessaire de la réviser tant qu’elle le fonctionne comme ça (car démonter une montre comporte toujours un risque).Entre ces deux exemples extrêmes d’utilisation (ou de non-utilisation), il y a un curseur à placer sur le moment où les bénéfices d’une révision pour limiter l’usure deviennent supérieurs aux risques possibles d’un démontage, mais tu es le seul à pouvoir arbitrer sur ce point.
28 avril 2026 à 11h57 #420005079610Torzio
MembreJe ne pense pas que l’ovalisation des trous de barillets soit le résultat d’un manque de lubrification. Je pense plutôt à la qualité des matériaux, de la conception et du polissage des pivots. L’usure se présente régulièrement sur certains calibres et pas sur d’autres.
Les montres modernes ont les pièces interchangeables, pas les montres à coq. Chaque élément était fait à la main et ajusté à la montre. Les pièces de la montre fabriquées la semaine suivante n’étaient pas compatibles. Chaque vis est à un emplacement qui lui est propre, etc. Il faut une certaine habitude pour faire de belles goupilles à la main. Mon maître d’apprentissage me disait souvent » un garde temps est bien restauré lorsqu’il fonctionne parfaitement et que l’on ne voit pas qu’il a été restauré ». Mais les temps changent, pour s’en convaincre il suffit de voir l’état des vis sur certaines photos de montres « restaurées ». Cette montre en parfait état est le témoin de plus en plus rare d’une époque. Il faut faire le maximum pour qu’elle travers le temps dans cet état.
@+
JC28 avril 2026 à 12h06 #420005079611dmarcos
MembreMerci pour vos avis pleins de sagesse. En effet, aucun démontage n’est sans risque, j’en suis bien conscient.
Mon idée sera de porter cette montre une à deux fois par mois.
Je vais donc m’abstenir de démonter pour le moment et profiter de son fonctionnement.
Même la chaîne, vous la laisseriez tranquille ? Pas de nettoyage/lubrification ?28 avril 2026 à 12h37 #420005079612Saturne
MembreSi tu remontes la montre 20 fois par an et que la chaîne casse, c’est qu’elle devait casser. Ce n’est pas un peu de graisse qui empêchera ça.
Toutefois, si tu as des craintes pour des risques d’oxydation, tu peux toujours déposer le cadran et les aiguilles (risque très modéré) et lubrifier tous les points de pivotement accessibles + appliquer un peu de graisse 8200 ou équivalent sur toute la longueur de la chaîne. Cela ne peut pas faire de mal.
Mais pour se prémunir de l’oxydation, la première précaution à prendre est le stockage dans un lieu à l’humidité contrôlée.J’ajoute que la remarque de Torzio sur l’usure qui provient souvent d’une mauvaise conception (platine trop fine pour offrir un palier suffisant), de mauvais matériaux ou d’un état de surface des pivots insuffisant est frappée au coin du bon sens.
Pour le cas particulier de l’usure provoquée dans la platine par la tige de remontoir que tu évoques, s’ajoute un autre phénomène : l’absence d’étanchéité. Sur les montres anciennes, la couronne est la porte d’entrée privilégiée de la poussière (la composition de cette poussière variant grandement selon l’environnement où est portée la montre) qui vient facilement s’agglomérer avec la graisse de la tige de remontoir pour former une « pâte abrasive » particulièrement délétère. Mais on s’éloigne du cas de la montre dont il est question dans ce sujet.
28 avril 2026 à 12h56 #420005079613dmarcos
MembreOk. Bien compris. Je vais faire ça, bien que je redouble toujours de prudence quand il est question d’aiguilles et de cadrans.
29 avril 2026 à 15h03 #420005079614dmarcos
MembreAprès une nuit de réflexion une question me vient à l’esprit : vous êtes défavorables à l’entretien préventif ? Tant que ça marche, on ne touche pas ?
Dans mon expérience les points d’usure principaux sont les trous de barillet et de tige de remontoir (sujets déjà traités), ainsi que, pour les montres plus récentes, la chaussée.
Parmi les causes de mauvais fonctionnement, en dehors des pannes, le gommage de l’huile sur les pivots et aussi sur le rouage de minuterie et la saleté en général.
Donc pour en revenir à ma montre à coq, vous me suggérez de ne pas nettoyer/lubrifier tant qu’elle fonctionne ?29 avril 2026 à 22h40 #420005079615Saturne
Membre- dmarcos a écrit:
- vous êtes défavorables à l’entretien préventif ?
Pour ma part, je n’ai pas de position aussi tranchée. La réponse dépend de beaucoup de facteurs, c’est du cas par cas.
Comme je l’ai déjà dit, un des éléments principaux est l’usage de la montre (pas besoin de réviser une montre pour la laisser dormir dans un tiroir ou la sortir une fois l’an).
Il y a aussi la disponibilité (et le prix) des pièces détachées. Par exemple, je ne vais pas réviser un Cupillard 233 qui fonctionne très bien pour limiter une hypothétique usure de pièces détachées qui ne coûteront « rien » à remplacer le cas échéant.
L’état visuel du mouvement joue bien entendu : y-a-t’il de l’oxydation? L’huile est-elle encore présente dans les huiliers? Le mouvement n’est-il pas trop sale? Etc.
Le type de montre va jouer aussi : Les montres très anciennes réservent presque toujours des « surprises » au démontage, qui obligent souvent à faire plus de choses que ce qu’on avait prévu au départ.
Etc.Donc pour ta montre, difficile de te conseiller de manière absolue une marche à suivre. Nous pouvons te donner des éléments de réflexion, mais c’est à toi de peser le pour et le contre, et de décider quoi faire.
Si tu me disais : « je prévois de porter cette montre 365 Jours par an », ma réponse serait plus tranchée. Je te conseillerai une révision de fond en comble, à renouveler tous les deux ans.29 avril 2026 à 22h55 #420005079616dmarcos
MembreOui Saturne. Ta réponse est très sensée.
25 juin 2026 à 10h44 #420005079617dnanlor
MembreBonjour à tous,
Je suis un vieux de la vieille (85 ans passés) et me permets de faire une remarque à propos de ce que je viens de lire et que j’approuve :
« Il y a 2 écoles, à mon sens, ceux qui ne lubrifie pas du tout les palettes et ceux qui les lubrifient symboliquement. Je fais partie de la dernière. »
Bien sûr à l’heure présente tout cela n’a plus aucune importance, mais à cette époque lointaine du début de l’horlogerie on avait assez rapidement remarqué que la lubrification ou non de l’échappement jouait un rôle essentiel à la longue dans la précision. En effet la bonne marche de ce type d’échappement dépendait considérablement des divers frottements engendrés et donc de la force motrice. Les horloges à poids gardaient une précision à peu près acceptable si on négligeait le faible changement de poids relatif de la corde au cours de la marche, mais il n’en était pas de même des montres gousset dont la force déployée par le ressort dépend essentiellement du degré de remontage. Cet inconvénient fut compensé en partie par l’enroulement d’une corde de transmission puis d’une fine chaine sur une piste hélicoïdale (d’où l’épaisseur parfois considérable de ces montres).
En plus de la constance nécessaire de la force motrice, l’exactitude de la marche dépendait aussi des pertes subies par les divers frottements et c’est là qu’intervient la lubrification. L’expérience avait vite prouvé que les propriétés des huiles de l’époque se modifiaient avec le temps mais aussi que l’huile, même de bonne qualité captait les micro particules en suspension dans l’air et surtout les infimes traces métalliques d’usure du mécanisme. C’est essentiellement la raison qui incita à exclure toute lubrification de ce type d’échappement pour conserver une marche à peu près constante.
Donc la lubrification, très utile pour la bonne conservation de la montre, se fait au dépend de la précision, sans intérêt à notre époque pour ce type de montre.
Merci de votre attention.25 juin 2026 à 11h21 #420005079618dmarcos
MembreMerci beaucoup pour ces précisions.

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