FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › Billet : Quand un Rolexgate menace la stabilité de tout un pays
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Invité, le il y a 2 années et 6 mois.
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3 avril 2024 à 16h24 #410000156998
DON
MembreBillet : Quand un Rolexgate menace la stabilité de tout un pays« Ce n’est pas le Pérou ! ». Imaginez qu’on utilise encore de nos jours le nom d’un pays d’Amérique du Sud pour symboliser la richesse et jusqu’ici dans notre vieux continent, lui-même supposé riche en comparaison d’autres zones du monde. Et il est vrai qu’historiquement le Pérou, s’il devait sembler si lointain pour nos ancêtres, a contribué à apporter un flot de richesses en métaux précieux qui eut un impact sur le développement de nos économies dans le passé. Encore aujourd’hui, si l’or est toujours extrait en grande quantité dans ce pays, le Pérou est surtout le second producteur d’argent, de zinc et de cuivre, ce dernier étant un métal encore plus stratégique du fait de son utilisation toujours plus importante dans l’électrification de nos économies.Pour ma part, le Pérou reste surtout à mes yeux l’un des plus beaux pays du monde, riche d’une immense histoire, l’un des berceaux de la civilisation précolombienne. Le Pérou de nos jours est le fruit du mélange de la civilisation autochtone et la civilisation européenne et surtout celle de l’Europe latine dont l’Espagne évidemment, ancienne puissance coloniale, mais aussi la France avec son influence culturelle qui joua un rôle clef dans le processus d’indépendance du pays via l’influence déterminante de la Révolution Française auprès des héros nationaux et notamment dans le cas du Pérou du général San Martin (qui d’ailleurs fini ses jours en France à Boulogne-sur-Mer en 1850). Même notre grand écrivain Stendhal fit échos de cette influence dans son œuvre magnifique : Le Rouge et le Noir.
Certes, le Pérou est un pays extrêmement riche en minéraux mais c’est un pays qui a aussi connu une histoire assez mouvementée. Alors qu’il se situait il y a encore quelques années à la pointe de la croissance économique des pays d’Amérique du Sud, l’instabilité politique n’a fait que croître ces derniers temps. Et c’est dans un contexte potentiellement explosif qu’une certaine marque horlogère bien connue semble en mesure de faire basculer un peu davantage la situation dans ce pays.
Le Rolexgate, le poignet de la présidente, la situation d’un pays
J’ai vécu quelques moments précieux dans ce pays, le temps de connaître, de parler, d’aimer et d’accompagner les derniers moments d’un homme qui fit tout pour développer l’instruction publique auprès des populations qui n’avaient pas eu la même chance que lui. Et cet homme fut mon grand-père. Il aimait le Pérou comme mon autre grand-père aimait la France : passionnément. Aussi, je comprends bien la situation de ce beau pays, à la fois si favorisé par la nature mais aussi victime de ses propres faiblesses.Le « Rolexgate » qui vient de frapper l’actualité du pays en est l’un des symptômes les plus éclatants. Mais que vient faire la marque Rolex dans tout cela ? L’affaire commence par le poignet de l’actuelle présidente Dina Boluarte. L’actuelle présidente n’était à la base que vice-présidente. Son prédécesseur, Pedro Castillo s’est révélé lors de la présidentielle de 2021, parti presque dernier dans les sondages, il créa la surprise en devenant le président élu lors d’une campagne qui s’avéra au final très serrée en tant que candidat d’un parti socialiste-marxiste, Perú Libre. Sa présidence s’avéra, à bien des égards, chaotique et s’acheva par une tentative de coup d’Etat qui tourna vite au fiasco. Dina Boluarte se désolidarisa du coup d’Etat puis, après la destitution du président, devint elle-même présidente en remplacement du précédent.
Très vite contestée par les partisans du président déchu, Dina Boluarte devient la première femme présidente du pays mais ce symbole fut complètement éclipsé par les grandes manifestations qui se mirent à perturber de plus en plus le pays. Et c’est dans ce contexte – synthétisé et simplifié volontairement, ceux qui s’intéressent pourront se renseigner sur les détails de l’actualité du pays – qu’est arrivé le « Rolexgate ». La revue des photos de la présidente a permis de noter qu’elle semblait posséder non pas une mais plusieurs Rolex. Il n’y a strictement rien de répréhensible à posséder une ou plusieurs Rolex. Certains membres de FAM en possèdent plusieurs et même bien davantage que ce que semble posséder la présidente en titre du Pérou. Tout le centre du problème tourne autour du symbole et les réalités vécues par le pays.
Source : Semana.comLe choc du symbole et de la réalité
Nous ne referrons pas toute l’historique du symbole qu’est devenue Rolex. Nous ne rappellerons pas non plus la phrase bien trop reprise par les médias de Jacques Séguéla, certes percutante en termes de communication mais assez malheureuse à mon avis. Je n’ai jamais vu pour ma part dans Rolex un symbole de réussite personnelle, l’ayant vue à des poignets dont les profils des propriétaires étaient beaucoup plus divers que ce que le commun ou les médias pourraient imaginer. Je vois des montres de bonne qualité, des modèles vintage que je trouve véritablement dignes d’intérêt sur le plan esthétique et de la fiabilité, je vois des modèles actuels qui s’éloignent assez souvent de ce que je recherche personnellement mais qui encore une fois ne déméritent pas sur le plan technique. J’apprécie surtout la stratégie de long terme mise en place par la marque et qui a permis de faire le succès que nous connaissons tous.Le symbole n’en demeure pas moins du fait de la notoriété de la marque qui dépasse très largement celle des autres marques et même des marques plus anciennes et aux histoires passionnantes comme celles d’Omega ou de Zenith, racontées sur FAM par notre très regretté fondateur Joël Duval et qui demeurent une source inépuisable de belles (re)lectures.
La société péruvienne est à mettre en relation avec la majorité des sociétés d’Amérique du Sud : la beauté de ces cultures n’a d’égal que la division de ces sociétés entre des élites qui détiennent la très grande majorité des richesses du pays et la pauvreté des masses et notamment paysannes laissées sur le bas-côté des hauts plateaux andins. Aussi, l’image d’une vice-présidente portant des Rolex alors qu’elle a été choisie à la base par un président représentant la gauche radicale et la partie la plus pauvre du pays est en termes d’image assez désastreux, surtout si elle semble ne pas avoir déclaré ces quelques montres dont le prix dépasserait largement ses revenus perçus dans le passé. Nous aurons beau tenter de nous limiter dans nos commentaires pour ne saluer que l’excellence ou du moins la bonne qualité de ces pièces horlogères, le pouvoir des symboles reste plus fort et encore plus dans un pays profondément divisé entre une élite tenante de la mondialisation heureuse et des masses qui ont le sentiment d’être complètement laissées pour compte.
Mais plus largement, ce « Rolexgate » ouvre une question qui semble revenir à chaque fois dans les débats politiques, aujourd’hui en Amérique du Sud mais aussi dans nos contrées.
Un politicien peut-il encore porter une Rolex de nos jours ?
Sans le citer, un ancien premier ministre puis maire puis candidat à une primaire en France, passa lors de son parcours dans les arènes de la politique de Rolex à Timex. Il disait d’ailleurs en 2016 : « Cinquante dollars ! On ne voit pas grand-chose le jour, mais comme tout le monde m’interdit de la regarder… La nuit, l’écran s’allume quand j’appuie dessus. C’est pour ça que j’achète des Timex. J’ai raté ma vie, car à mon âge je n’ai pas de Rolex… » (sic). C’était oublier sciemment son propre passé mais souvent les hommes politiques ont une mémoire très sélective.La question de savoir si un politicien peut encore porter une Rolex dépasse nos opinions, quelles soient de gauche, de droite, du centre ou des extrêmes. Notre société actuelle a vécu l’espace de quelques décennies l’ascension des classes dites moyennes, tirées par le haut par un développement économique dont le pilier était un enrichissement mutuel, relativement bien partagé, non exclusif à une petite partie de la population. Puis, ce développement qui semblait plus ou moins harmonieux a connu un arrêt. Alors que se dessine progressivement un retournement de tendance avec le retour à une société en sablier, les vieux antagonismes rejaillissent. Ils n’avaient jamais complètement disparu mais dans le passé ils s’étaient petit à petit atténués. Une majorité de la société pouvait grimper dans l’échelle sociale. Comme mon propre père me l’a souvent répété, à son époque, vous pouviez perdre ou démissionner de votre travail un jour et en retrouver un dès le lendemain. C’était un monde en progrès et qui avait un futur ou du moins la majorité de la population percevait le futur sous de bons auspices.
De nos jours… Nous ne sommes clairement plus dans le même monde. S’il y a toujours des gagnants, il y a peut-être plus de personnes qui se sentent perdantes. Nous le voyons clairement dans l’actualité économique, le « mur de la dette » qui fut moqué auparavant par les champions du déni du déclin n’est plus une fiction : une réalité se dessine et qui fera certainement très mal à tous nos portefeuilles. Alors, dans ce contexte pour le moins tendu, un politicien peut-il encore porter une Rolex ? Evidemment, s’il veut perdre une élection. Car l’histoire nous montre que les pouvoirs des symboles ont beaucoup plus d’effets que le niveau de compétence ou d’incompétence des élus.
L’histoire étant un cycle, peut-être que cela changera à nouveau un jour, peut-être que la perception de la réussite ou du moins de l’idée que l’on se fait de la richesse et de ses signes extérieurs se retrouvera à nouveau valorisée. Pour le moment, au Pérou, le poignet de la présidente est dans toutes les têtes. Sa survie politique aussi.
Don, tous droits réservés.
NB : Il serait dommage de ne pas discuter de l’actualité et notamment d’un « Rolexgate » mais je demande évidemment que nos propres opinions politiques ne soient pas le centre des discussions. La tartufferie politique n’est pas le monopole d’un parti aussi nous ne prendrons pas… parti. Mes collègues et moi-même ne prenons pas de position pour une aile politique ou une autre. Nous observons et nous commentons les pouvoirs des symboles et une actualité influencée pour le coup par l’horlogerie, même si c’est bien malgré elle. De même, les raccourcis sur les pays peuvent être faciles, ayant moi-même vécu dans les pays du sud mais aussi du nord, ces derniers étant souvent présentés comme éminemment plus vertueux, la réalité est généralement bien plus nuancée derrière les belles apparences. Ce qui arrive à d’autres pays aujourd’hui peut nous arriver demain.3 avril 2024 à 16h38 #420004925647ft1000mp
MembreNous vivons une époque ou tout n’est que « théâtre » tout le monde joue un rôle social (comme disait Sartre) il n’y a guerre plus beaucoup de sincérité et de conviction surtout chez les politiques, quand on joue un rôle tout devient un accessoire et cet accessoire joue aussi son rôle alors quand c’est une Rolex tu penses!
C’est déprimant mais ce n’est pas une fatalité, un monde d’images ne peut véhiculer que des images, une société de forme ou le fond ne pèse pas lourd dans un abêtissement général.
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>> ICI << prochainement rédaction d’une signature géniale.3 avril 2024 à 16h51 #420004925648DON
Membre- ft1000mp a écrit:
- Nous vivons une époque ou tout n’est que « théâtre » tout le monde joue un rôle social (comme disait Sartre) il n’y a guerre plus beaucoup de sincérité et de conviction surtout chez les politiques, quand on joue un rôle tout devient un accessoire et cet accessoire joue aussi son rôle alors quand c’est une Rolex tu penses!
C’est déprimant mais ce n’est pas une fatalité, un monde d’images ne peut véhiculer que des images, une société de forme ou le fond ne pèse pas lourd dans un abêtissement général.
Même si je tiens beaucoup moins de Sartre, son roman autobiographique Les mots avait réussi à définitivement m’éloigner de sa pensée (je ne parle pas de son passé controversé), le monde politique est globalement un théâtre où chacun joue plus ou moins bien un rôle. Il reste quelques convictions ici et là mais souvent elles sont noyées dans un océan de postures et d’impostures.
La forme était déjà supérieure au fond dans notre société, elle l’est devenue encore davantage avec le rôle des réseaux sociaux et la montée de « l’hyper-moi » comme valeur suprême. Les gens (sur)réagissent encore davantage par rapport aux symboles. Comme tu le dis, quand cela touche à Rolex, la réaction est démultipliée.
Je me demande ce qui se serait dit si elle avait porté une Omega à la place. Certainement l’exposition médiatique de cette affaire aurait été bien moins grande.
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« Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé«
Instagram : don_writer_w3 avril 2024 à 17h05 #420004925649DON
MembreUn article parmi ceux publiés récemment : Au Pérou, ce scandale du « Rolexgate » qui fait vaciller le gouvernement
- L’Express a écrit:
- Amérique du Sud. La présidente fait l’objet d’une enquête préliminaire pour des faits présumés d’enrichissement illicite. Six des 18 ministres du gouvernement péruvien ont annoncé leur démission.
La présidente du Pérou, Dina Boluarte, assure avoir les « mains propres ». Qu’en est-il de ses poignets ? La cheffe de l’Etat se retrouve au cœur d’un scandale, baptisé « Rolexgate ». Comme son nom l’indique, cette affaire fait référence à des montres de luxe que la présidente est soupçonnée de ne pas avoir mentionnées dans sa déclaration de patrimoine.
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« Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé«
Instagram : don_writer_w3 avril 2024 à 17h08 #420004925650StevenSeagull
MembreCela ne me choque pas qu’un dirigeant d’un pays soit en mesure de se payer une Rolex. Lorsqu’il s’agit du PDG d’une entreprise, on trouve cela normal.
Je ne connais pas le contexte Péruvien donc difficile de me positionner. J’imagine que si j’étais en situation précaire avec le sentiment que nos classes dirigeantes monopolisent les richesses du pays, cela me gênerais peut-être plus si le candidat justement censé défendre mes intérêts menait la grande vie.On en revient à l’image véhiculée. Si on veut être le candidat de la population défavorisée du pays, il faut que cette population puisse s’identifier au candidat avec le sentiment d’être comprise. C’est assez difficile dans ces conditions de s’identifier à quelqu’un qui semble vivre dans l’opulence.
Ce que je note tout de même, c’est que c’est image de Rolex et cette tendance à cristalliser les jalousies est internationale. Ce n’est pas seulement le fait de la phrase malheureuse de Séguéla.
3 avril 2024 à 17h10 #420004925651ft1000mp
Membre- DON a écrit:
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Je me demande ce qui se serait dit si elle avait porté une Omega à la place. Certainement l’exposition médiatique de cette affaire aurait été bien moins grande.
Ils parlent ne non déclaration de patrimoine (un grand nombre de montres de luxe), j’ose espérer (mode idéaliste) qu’elle serait dans la tourmente quand même.
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>> ICI << prochainement rédaction d’une signature géniale.3 avril 2024 à 17h10 #420004925652Faz
MembreTout dépend du contexte et de l’état d’esprit du spectateur…
3 avril 2024 à 17h11 #420004925653Milannimes
MembreIl est déplorable que « l’opinion publique » exacerbée par les journaliste faiseurs de réputation s’en tienne à ce genre de symboles…
Il vaudrait mieux saluer le bon goût de la dame en question !
3 avril 2024 à 17h25 #420004925654DON
Membre- StevenSeagull a écrit:
- Cela ne me choque pas qu’un dirigeant d’un pays soit en mesure de se payer une Rolex. Lorsqu’il s’agit du PDG d’une entreprise, on trouve cela normal.
Je ne connais pas le contexte Péruvien donc difficile de me positionner. J’imagine que si j’étais en situation précaire avec le sentiment que nos classes dirigeantes monopolisent les richesses du pays, cela me gênerais peut-être plus si le candidat justement censé défendre mes intérêts menait la grande vie.On en revient à l’image véhiculée. Si on veut être le candidat de la population défavorisée du pays, il faut que cette population puisse s’identifier au candidat avec le sentiment d’être comprise. C’est assez difficile dans ces conditions de s’identifier à quelqu’un qui semble vivre dans l’opulence.
Ce que je note tout de même, c’est que c’est image de Rolex et cette tendance à cristalliser les jalousies est internationale. Ce n’est pas seulement le fait de la phrase malheureuse de Séguéla.
Le problème ne se pose pas pour un entrepreneur, un PDG d’entreprise, un cadre moyen ou une caissière de supermarché. Ils travaillent dans le privé, que l’entrepreneur ou le caissier cherche par exemple à s’offrir un plaisir, c’est du pareil au même et il est heureux que nous soyons encore libres de nos achats financés par nos efforts/nos économies/nos sacrifices/nos réussites !
Le problème se pose davantage pour une personne qui tient ses ressources de la chose publique. Et encore davantage quand la personne représente une partie défavorisée dans une situation politique efferscente. Ce n’est pas interdit d’avoir une Roro, une PP ou une AP mais le pouvoir des symboles et de l’image est à prendre en considération pour une personne se retrouvant sur les devants de la scène publique en tant qu’élu. Dans le cas de la présidente en titre au Pérou, il y a surtout un problème apparemment de déclaration de patrimoine et d’incohérence par rapport à ses revenus du passé et le prix des modèles : cela peut supposer (mais ne confirme pas, c’est du judiciaire) les pots de vin qui malheureusement gangrènent une partie de l’administration publique dans ce beau pays.
Je ne pense pas que Rolex cristalise les jalousies tant que cela, la jalousie se limiterait alors aux commérages du voisinage tout au plus. Fidel Castro et Che Guevara portaient des Rolex mais il n’est pas sûr qu’ils les aient payés pour le coup…
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« Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé«
Instagram : don_writer_w3 avril 2024 à 17h30 #420004925655StevenSeagull
Membre- Milannimes a écrit:
- Il vaudrait mieux saluer le bon goût de la dame en question !

Ca c’est notre vision d’occidentaux aisés dont le soucis est de savoir de quelle couleur sera le cadran de notre prochaine montre alors qu’on en a déjà une bleue, une noire, une verte, une plongeuse, une sport-chic etc.
Maintenant, si tu étais péruvien, plutôt rural à vivre à plus de 4000m d’altitude sur les plateaux andins, ou mineur à t’abimer la santé dans les mines d’argent, le bon goût de tes dirigeants seraient ptet le cadet de tes soucis.
Tu souhaiterais juste simplement des actions concrètes pour un peu plus de partage des richesses. Et si tu te rends comptes que la personne en laquelle tu avais placé tes espoirs possède des montres pour une valeur pécunière supérieure à ce que tu ne gagneras jamais en toute une vie et qu’en plus elle a « omis » de les déclarer, eh bien tu te dirais surement que c’est pas gagné pour voir ta vie t’améliorer.Un dirigeant politique, même s’il est effectivement payé avec de l’argent publique, a de grosses responsabilités, a dû travailler dur tout autant qu’un dirigeant d’une société privée. Il n’a pas volé son salaire et a le droit tout autant que nous à s’acheter ce qu’il souhaite.
Ca c’est pour la remarque générale. Maintenant, comme tu le soulignes, il y a visiblement problème de déclaration et potentiellement de pot de vin. Et là c’est effectivement tout une autre histoire.3 avril 2024 à 17h34 #420004925656DON
Membre- Milannimes a écrit:
- Il est déplorable que « l’opinion publique » exacerbée par les journaliste faiseurs de réputation s’en tienne à ce genre de symboles…
Il vaudrait mieux saluer le bon goût de la dame en question !

L’opinion publique se focalise sur ce qu’elle connaît, du moins de nom. L’actualité du Pérou est difficile avec une instabilité politique entre la présidence et le congrès qui sont en conflit très régulièrement. Au-delà des rivalités politiques, il y a une partie de la population qui se sent laissée pour compte aussi quand ils voient ce qui devrait être un symbole de la gauche radicale porter (sans avoir déclaré détenir) des montres d’une marque très connue, c’est un peu la goutte d’eau qui fait déborder un vase rempli de conflits pré-existants et surtout structurels.
C’est je pense le contexte et les symboles qui prennent dès lors une hyper attention médiatique et d’une (grossse) partie du public qui galère et qui est déjà en conflit avec les autorités actuelles.
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Instagram : don_writer_w3 avril 2024 à 17h43 #420004925657DON
Membre- Faz a écrit:
- Tout dépend du contexte et de l’état d’esprit du spectateur…
Exactemement cher Faz, le pouvoir du contexte, des images et des symboles…
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Instagram : don_writer_w3 avril 2024 à 18h13 #420004925658crichou69
MembreMerci Don pour ce magnifique post tout en elegance et cette excellente description de la situation. Habitant a Lima depuis 15 ans et ayant egalement la nationalite peruvienne, je peux temoigner que la problematique n est pas le fait de porter une rolex ou non, de marqueur de classes sociales ou d inegalites, car toutes ces notions font partie du paysage peruvien. Dans ce pays rongé par la corruption, politiques, juges, police, mitaires, toute la question est de savoir comment la Présidente a t elle pu acquerir ces objets de valeur ??? La ou les rolex ne seraient qu une preuve, au mieux de mauvaise declaration de patrimoine, au pire de corruption…bref ce n est qu un jeu politique dont rolex n est qu accessoire au 2 sens du terme !!! Pour info la Chine a connu les mesaventures avec des fonctionnaires portant rolex, patek, audemars ect…
3 avril 2024 à 18h59 #420004925659Fats
MembreTrès juste, tout est dans le mode d’acquisition. si ce sont des « cadeaux », la corruption est présumée, et c’est dévastateur politiquement. On a des exemples en France aussi. Les costumes de Fillon…
3 avril 2024 à 19h01 #420004925660DON
Membre- crichou69 a écrit:
- Merci Don pour ce magnifique post tout en elegance et cette excellente description de la situation. Habitant a Lima depuis 15 ans et ayant egalement la nationalite peruvienne, je peux temoigner que la problematique n est pas le fait de porter une rolex ou non, de marqueur de classes sociales ou d inegalites, car toutes ces notions font partie du paysage peruvien. Dans ce pays rongé par la corruption, politiques, juges, police, mitaires, toute la question est de savoir comment la Présidente a t elle pu acquerir ces objets de valeur ??? La ou les rolex ne seraient qu une preuve, au mieux de mauvaise declaration de patrimoine, au pire de corruption…bref ce n est qu un jeu politique dont rolex n est qu accessoire au 2 sens du terme !!! Pour info la Chine a connu les mesaventures avec des fonctionnaires portant rolex, patek, audemars ect…
Témoignage qui me va droit au cœur, merci !
De ce que j’ai connu, porter une Rolex dans la société péruvienne n’est pas quelque chose d’exceptionnel. Ce n’est pas possible pour tout le monde (cf ce qui a été dit précédemment) mais ce n’est pas considéré comme le summum du luxe suscitant envie et jalousie.
La société en revanche est massivement très défiante du pouvoir politique comme tu le rappelles avec un profond ressentiment contre les représentants des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Le Palacio de la Justicia à Lima est d’ailleurs surnommé le Palacio de la Injusticia.
Le Rolexgate sert en effet à décrédibiliser encore davantage la présidente dont la popularité atteint les abysses. Le fait que cela soit des Rolex en question n’aident pas à cause de la notoriété de la marque. Cela aurait été une Laurent Ferrier, autrement plus chère, cela aurait fait moins le buzz à moins que les médias se soient focalisés sur le prix de ces montres mais la notoriété de Laurent Ferrier, montres de niche et dont la production est infinitésimale par rapport à Rolex, n’est pas du tout la même.
Le contexte au Pérou est potentiellement explosif du fait du contexte de grandes manifestations qui peuvent menacer la stabilité d’un gouvernement et d’une présidence déjà sur la sellette.
La mèche sera-t-elle horlogère ? On verra dans les prochains mois.
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