FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › De l’influence des complications sur la fiabilité et la fréquence des révisions
- Ce sujet contient 10 réponses, 8 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
Manivel, le il y a 4 années.
-
AuteurMessages
-
13 octobre 2022 à 17h42 #410000152812
nicephore
MembreQuand je vois des montres avec de multiples complications (typiquement plus que les classiques heures/minutes/secondes/jour/date/phase de lune) je m’interroge sur la fiabilité des ces montres mais également sur le coût et la fréquence des révisions.
Quelle est votre expérience en la matière?
13 octobre 2022 à 17h52 #420004770964Lud’O
MembreSujet intéressant et aussi quelle fréquence entre une automatique et une manuelle ?
17 octobre 2022 à 13h14 #420004770965Lucas67
MembreQuestion fiabilité, il est certain que à tous paramètres égaux par ailleurs, en augmentant le nombre de complications, on augmente le risque de pannes.
Question coût c’est la même histoire, à juste titre car plus il y a de complications, plus la montre prends du temps à être révisée.
Question fréquence, je ne pense pas que le nombre de complications oblige à raccourcir la période d’entretien: cette période est plutôt fixée par le vieillissement des huiles. Maintenant, peut-être effectivement que certaines complications comme un tourbillon 3 axes sont plus exigeantes vis à vis de la lubrification…
Pour la fréquence entre une auto et une manuelle, je pense que c’est identique. La plupart du temps c’est la partie réglante (échappement + balancier) qui montrera des signes de faiblesse. En revanche, les pannes de remontage auto (rotor desserré, inverseurs grippés etc…) c’est courant. Mais il s’agit plus d’une panne aléatoire que d’un besoin périodique de maintenance préventive.
17 octobre 2022 à 14h47 #420004770966Lud’O
MembreJe me souviens avoir lu sur ce forum que tant que ça fonctionne bien , pas besoin de réviser et que les recommandations de la marque sont plus du marketing qu’autre chose.
17 octobre 2022 à 14h56 #420004770967Olivier_A
Membre- Lud’O a écrit:
- Je me souviens avoir lu sur ce forum que tant que ça fonctionne bien , pas besoin de réviser et que les recommandations de la marque sont plus du marketing qu’autre chose.
J’avais une fois posé la question, et effectivement on trouve deux écoles:
1- Tant que ça fonctionne bien, on n’ouvre pas
2- On suit le programme de révision conseillé par la marqueAucune des deux options ne me semble déconnante. Après, ça dépend aussi de l’usage qu’on fait de sa montre.
17 octobre 2022 à 22h15 #420004770968Yann Riquier
MembrePlus le nombre de complications augmente, plus le nombre de pièces, de points de friction et de lubrification sont élevés. Donc cela va dans le sens d’un besoin de maintenance plus rapproché.
Effectivement les parties liées à la régulation (balancier, ancre, échappement) comptent parmi les plus demandeuses en huile, elles sont des mobiles dits rapides. La fréquence des battements est aussi à prendre en compte (une haute fréquence du type 36 000 alt/h va techniquement s’user plus vite qu’une à 21 600 alt/h par exemple).
Il est aussi important de mettre le contexte dans le présent. Les montres modernes disposent pour la majorité d’huiles performantes dans leur durabilité, des frictions réduites, des matières plus solides, des boitiers suffisamment étanches pour isoler toute la mécanique… Tous ces facteurs rendent les montres de bonne qualité susceptibles de ne pas avoir un réel besoin de révision avant un bon paquet d’années, il y aura comme toujours des exceptions bien évidemment.
Je me méfies un peu des marques qui ventent de devoir assurer la maintenance tous les cinq ans par exemple. Ce sont aujourd’hui des délais bien trop court si on prend en compte les performances mécaniques de montres modernes, mais aussi le fait que le fabricants pourrait être chiche sur les quantités d’huiles réparties dans les mouvements, moins il y a d’huile et plus cette dernière perdra de son pouvoir lubrifiant.
De toute façon tant qu’une montre fonctionne bien, qu’elle tient bien sa précision avec une amplitude au delà de 220° environ. On n’y touche pas.
18 octobre 2022 à 8h12 #420004770969LochNess
MembrePour participer à ce post j’allais parler d’une marque qui conseillait une révision tous les 3 à 4 ans.
Je n’arrive plus à la retrouver. j’en avais parler à l’époque à un horloger indé chez qui j’ai amené une vieille seiko à réviser (1ere révision après 15 ans, elle ne tenait plus la RDM) et on rigolait bien de cette marque.
d’ailleurs, la révision a pris une semaine (+ polissage, et parfaitement reglée), pour moins de 100e quand je lis les posts de forumeurs qui attendent 3-4 mois la révision de leur montre je me dis, sauf bien sûr mouvement manuf, faites travailler les petits horlogers…
Il me disait tant que la montre fonctionne et n’a pas de signe « aléatoire » genre +5 un jour, – 35 le lendemain ou une rdm faible, il préfère même être honnête et ne pas vouloir y toucher.
18 octobre 2022 à 8h57 #420004770970Ed the Grocer reloaded
MembreJe rajouterai deux paramètres à la réflexion :
– l’usinage par CNC, qui permet des niveaux de tolerances beaucoup plus fin que les productions anterieures, que ce soit pour les mouvements simples, ou les complications. L’exemple le plus frappant est le systeme 51 de swatch, qui est scellé.
– le nombre de montres que l’on possède, et la fréquence de porté : si j’ai 7 montres, et que j’en change tous les jours, chacune tournera 6 fois moins que si j’e n’en possédais qu’une seule, portée quotidiennement18 octobre 2022 à 10h07 #420004770971Manivel
MembreLa CNC il y a du pour et il y a du contre.
Les pièces sont plus précises mais de fait sont moins ajustées.
Je m’explique (ou plutôt ZEN a travers un de ces sujet d’ailleurs…
).Les pièces modernes, plus précises, sont considérées « parfaites », et sont montées telles quelles, parfois même par des robots.
C’est plus rapide, plus rentable, avec moins d’interventions manuelles… cependant, n’étant pas ajustées, ces pièces peuvent avoir des jeux très faibles, ou des scories, et coincer ou griper.
La maladie des premières séries de nouveaux calibres. (scories dans les premiers SW, date qui grippe sur Tudor ou Rolex…)Dans le (bon vieux?) temps, tout était monté a la main, et les tolerances plus larges nécessitaient des ajustements, fait main, a la sensibilité de l’horloger.
Ainsi des bonnes montres de poche centenaires peuvent mettre une pile chronométrique a bien des montres modernes.Une montre a complication sera forcément ajustée au montage. On ne peut se permettre la moindre imperfection tant il y a de pièces engrainées les unes aux autres.
C’est plutôt cela qui fait leur fonctionnement…
Au final, plus de pièces, mais ajustées entre elles. Il n’y a pas de raison que cela nécessite plus d’entretien, mais il peut bien sûr y avoir plus de pannes, et une certaine fragilité. Donc un retour au SAV plus probable.
Dans les faits, les montres a complications sont sans doute moins portées et moins exposées.
Donc leur fréquence de révision doit être comparable a une montre plus conventionnelle.Enfin c’est comme cela que je le vois, mais je n’ai que peu de retour là-dessus.
19 octobre 2022 à 13h21 #420004770972Lucas67
MembreManivel, tout est dit en effet.
Dans le temps, on appairait les pièces en fonction de leurs tolérances de fabrication. Aujourd’hui, les tolérances de fab sont tellement serrées, que le métier d’ajusteur est désuet.De là à dire que c’était plus précis dans le temps… je ne pense pas. A mon avis le taux de retour est aujourd’hui bien plus bas. En effet, la CN a rarement la gueule de bois, la grippe, un coup de déprime ou autre
. Un contrôle qualité statistique et aléatoire est de ce fait suffisant pour mesurer une dérive.Pour les périodes de maintenance, je fais aussi partie de ceux qui disent : « tant que ça tourne bien, on ne touche pas ».
En revanche, je vérifie au chronocomparateur que ça tourne bien ! Car une montre qui tient l’heure ne tourne pas forcément bien: si l’isochronisme est excellent, elle pourra rester précise, mais avoir une amplitude ridiculement faible, témoignant de friction. Friction = usure !A voir aussi le mouvement : la maintenance curative se justifie plus sur un mouvement de base, car ce n’est pas un drame si d’aventure il fallait changer un axe usé sur un 2814 par exemple.
Ce genre d’intervention prends tout de suite une autre tournure sur un mouvement de manuf d’une petite marque de prestige…
Anecdote au sujet des périodes de révision : Vostok, fabricant russe de montres à bas coût recommande 10 ans en cas de port quotidien. D’ailleurs, elles sont encore assemblées à la main, elles !
19 octobre 2022 à 13h49 #420004770973Manivel
Membre- Lucas67 a écrit:
- De là à dire que c’était plus précis dans le temps… je ne pense pas. A mon avis le taux de retour est aujourd’hui bien plus bas. En effet, la CN a rarement la gueule de bois, la grippe, un coup de déprime ou autre
. Un contrôle qualité statistique et aléatoire est de ce fait suffisant pour mesurer une dérive.
Oui, bien sûr, je parle des calibres haut de gamme de l’époque, qui bien ajustés, n’ont pas a rougir face aux calibres modernes.
Ce n’était pas la norme effectivement. Les calibres modernes sont bien plus précis et plus fiables dans leur ensemble.Je me souviens de recherches de ZEN sur le sujet qui avaient démontré que les plus grandes précisions mécaniques avaient été atteintes avec des fréquences de 18000 par exemple.
Ou encore cette montre de poche centenaire révisée par un maitre horloger qui ne décrochait pas des 1s/j… -
AuteurMessages
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.