Est-ce que la référence au monde d’avant peut rester une perspective d’avenir ?

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10 sujets de 1 à 10 (sur un total de 10)
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  • #410000143532
    ZEN
    Membre

    Loin de moi l’idée de produire ici une étude scientifique sur la base d’un comparatif hasardeux. Non, je souhaite juste vous faire part de réflexions brutes sans les avoir étayées de recherches approfondies qui en l’état me sont impossibles car les déplacements ne sont pas autorisés pour aller dépoussiérer des archives.
    Je voudrais juste établir quelques parallèles entre la période 1918/1919 et celle de la fin 2019 et le début 2020.

    Je pourrais parler évidemment de la grippe dite espagnole et du Coronavirus mais c’est autre chose qui attire mon attention.

    En 1918/19, le monde sort de la guerre et subit la grippe espagnole comme une sorte de seconde guerre dont l’ennemi est invisible. Et la montre dans tout cela ?
    La montre en 1918 et en pleine mutation. Elle passe de la poche au poignet de manière progressive et les deux modes de porté sont jugés équivalents, c’est à dire que l’un ne démode pas l’autre, il en est plutôt complémentaire comme une « alternative » à la chainette qui assure la montre dans le gousset.
    En 1919, la montre de poignet, le terme montre bracelet est utilisé aléatoirement, n’est plus considérée comme « efféminée » depuis que les soldats l’ont adoptée dans les tranchées pour ses caractéristiques pratiques. L’utilité de la montre est de donner l’heure et rien que cela. La montre connait un boum car chacun n’a en tête que de s’équiper d’une « bonne » montre d’une grande maison. L’horlogerie construit son histoire.

    En 2020, on lit l’heure autant sur son smartphone que sur sa montre bracelet. Le smartphone a bien d’autres usages et la montre bracelet est devenue une sorte de bijou, un objet de luxe ou un objet purement utilitaire selon son prix et son origine. La montre de poche a disparu des radars et chaque tentative de la relancer est un échec. La montre est dans cette situation depuis une vingtaine d’années, conservant ses adeptes et ayant justifié des investissements lourds de la part des actionnaires. La montre a « bien vécu » avec des marges confortables voire très confortables. La montre est un complément du smartphone et non un concurrent. Elle flirte avec les limites de l’exercice micromécanique en offrant une précision acquise par des moyens industriels qui semblent au bout des capacités techniques actuelles. Le smartphone offre beaucoup d’autres informations et la smartwatch permet de substituer à la montre un instrument électronique interactif et connecté. Une marque, Apple, le fabrique et détient une image positive qui décomplexe tout utilisateur de cet instrument voire lui donne une sorte de reconnaissance sociale, un statut de personne dans le vent, dans la tendance. L’objet offre une foultitude d’informations inconcevables dans une montre.
    La montre mécanique est en danger structurel (à cause de la possibilité infinie de variables électroniques) et conjoncturel lié au virus qui incite à placer son épargne ailleurs que dans une montre.

    En 1919, la montre est en plein essor et elle est en grand danger en 2020. Après 1919, la montre bracelet a évolué avec la date, le remontage automatique, l’étanchéité…

    En 2020, elle est en panne de créativité. Tout le monde nous vend à peu près la même chose avec des composants de plus ou moins bonne qualité mais avec des résultats très approchants. Une montre chinoise mécanique à 50 euros est aussi précise qu’une Richard Mille à 250 000 euros. La différence n’est pas que dans le prix évidemment mais elle n’est pas dans l’heure affichée. Autrement dit, l’heure n’intéresse plus personne, y compris les collectionneurs souvent davantage focalisés sur la dérive par rapport à leur réveil radiopiloté que sur l’heure proprement dite.

    L’heure de la montre n’a quasiment plus aucune importance. L’atout de la montre de 2020 est sa marque, son esthétique et le plaisir et le rêve que la porter suscitent. Pourtant les marques horlogères communiquent à peu près de la même manière depuis 100 ans. Apple de son coté parle aux consommateurs de 2020 comme à des gens qui sont installés sur la planète en 2020. Les marques horlogères sont totalement convaincues que la modernité passe par la nature des supports de la communication : Réseaux sociaux, blogs, sites etc …Aucune, ne remet en question le contenu de sa communication. On a toujours la beauté, la qualité, la précision et … la ressemblance, l’hommage au passé.

    J’en arrive à ma question … Est-ce que la référence au monde d’avant peut rester une perspective d’avenir ?

    #420004320672
    stmartin
    Membre

    Ca pourrait être un sujet de baccalauréat.

    #420004320673
    verytex
    Membre

     » Vous avez quatre heures… » Wink

    Plus que jamais, faire référence au passé devient necessaire pour anticiper le futur… cela est vrai pour une pandémie ( nous connaissons les conséquences lourdes d’une pandemie qui n’est pas contrôlée), d’où le confinement, pour les guerres, mais cela est aussi vrai pour l’industrie quelqu’elle soit car rien n’ est figé dans le temps, les ressources. les besoins et moyens à l’instant t ne sont plus les mêmes à l’instant t’ et souvent il faut revenir en arrière, à la base et reprendre la copie… finalement un peu ce que font actuellement les manufactures horlogères…

    #420004320674
    rackamlevert
    Membre
    ZEN a écrit:
    je souhaite juste vous faire part de réflexions brutes

    C’est toujours intéressant quand des idées sont jetées sans d’autre ambition que de faire naître la réflexion et sans des développements que l’on préfère dans des livres.

    ZEN a écrit:
    En 1919, la montre de poignet, le terme montre bracelet est utilisé aléatoirement, n’est plus considérée comme « efféminée »

    Je ne connaissais pas ce point. C’est amusant parce que ça rejoint ce que les psys appellent la résistance face aux changements et les étapes associées:choc, déni, tristesse, acceptation etc. C’est particulièrement représenté sur le topic sur les montres connectées où contre toute logique on vient nous expliquer sans rire qu’ « il ne s’agit pas de montres » Mr. Green Bonjour le déni.

    ZEN a écrit:
    La montre mécanique est en danger structurel ( à cause de la possibilité infinie de variables électroniques) et conjoncturel lié au virus qui incite à placer son épargne ailleurs que dans une montre.

    J’ai ressenti ce décalage bien avant le virus: il y a 5 ans, ma Grand Seiko au poignet, attendant je ne sais qui, j’ai aperçu devant une boutique un magnifique quad, un objet totalement inutile pour moi mais dont les 250 kg valaient le prix de la centaine de grammes de ma japonaise….et me laissèrent dubitatif sur ma façon de dépenser.

    ZEN a écrit:
    Aucune, ne remet en question le contenu de sa communication. On a toujours la beauté, la qualité, la précision et ..;La ressemblance, l’hommage au passé. J’en arrive à ma question … Est-ce que la référence au monde d’avant peut rester une perspective d’avenir ?

    Ben ça a déjà marché face au quartz non? L’appel à la tradition toussa toussa. Donc c’est « play again » pour les manufactures. Le garde-temps devient gardien d’une époque révolue et fantasmée. La montre mécanique est achetée sous des alibis plus ou moins écolos par rapport à l’horrible montre connectée. La bonne blague. On brocarde l’obsolescence programmée tout en la bafouant sans cesse avec délice: on est combien comme Hulot à avoir encore son Nokia d’il y a 15 ans?
    La montre est clairement un bijou avec les connotations de cet objet rapportés par les ethnologues depuis longtemps: fonctions sentimentale, esthétique, statut social etc. Le côté utilitaire sera pour les montres connectées. Ces dernières donc, pour moi, ne menacent pas plus la montre mécanique qu’elles ne menacent le collier ou la bague. Seul hic: elles se portent au poignet mais coup de bol, nous en avons deux^^.

    #420004320675
    pilàlheure
    Membre

    si tu places le consumérisme, la croissance, … le pognon d’abord

    alors non !

    par contre, si tu fais un réel effort dans le sens coopératif, raisonné, durable, … genre

    sobriété et partage

    alors oui, mais rêve pas !

    #420004320676
    GMT
    Membre

    « l’avenir est une porte, le passé en est la clé » Victor Hugo

    #420004320677
    rivolta
    Membre

    Plus proche de nous, dans les années 68-70, « la grippe de Hong Kong » a fait + d’un million de morts dans le monde…dans l’ indifférence generale, dont + de 30 000 deces en France, soit des chiffres beaucoup plus important que ce que l’on connait aujourd’hui avec le Covid 19 (pour le moment)…et pourtant…qu’est ce qui a changé, à l’époque, dans les années qui suivirent ? rien, ou pas grand chose.

    Les modes de fonctionnement qui ont été profondément modifiés, ont été provoqués un peu plus tard, par la fameuse crise pétrolière mondiale.

    Tout ceci pour dire, qu à l heure du pré-deconfinement, où je m’aperçois d’une certaine reprise de l’activité, j ‘ai un peu l’impression, que tout redémarre « comme avant » ?

    Autour de moi, dans des conf téléphoniques quotidiennes, j’entends à longueur de journée, que le monde va changer, les modèles économiques seraient différents, novateurs, que les richesses seraient redistribuées, autrement, avec + de rigueur et de sens…mais j ‘ai des doutes ?

    #420004320678
    Eric67
    Membre

    Une fois le coronavirus digéré, on repartira comme en 14 (ou en 40, c’est kif-kif).

    #420004320679
    Invité
    Membre
    Eric67 a écrit:
    Une fois le coronavirus digéré, on repartira comme en 14 (ou en 40, c’est kif-kif).

    Je dirais même plus, car en 14-18 et 40-45, les magasins étaient ouverts, l’école continuait et il n’y avait pas de confinement (à part quelques couvre-feu). Aujourd’hui, on a frustré les gens durant 2-3 mois, sans ennemi visible, par un plan d’hygiénisme public. A la sortie de tout ça, les gens vont vouloir se faire plaisir (enfin, ceux qui peuvent), donc restau, achats, voyages, vive la vie !

    Et pour ce qui est des montres, il leur suffira de savoir que contrairement à la bourse, elles ne perdent pas de valeur pour achever de les convaincre, mais ça, c’est le marketing qui le fera.

    #420004320680
    kohyanga
    Membre
    Eric67 a écrit:
    Une fois le coronavirus digéré, on repartira comme en 14 (ou en 40, c’est kif-kif).

    Hi hi hi Incompréhensible , j’aurai plutôt dit comme en 29, on est bien parti pour se retrouver plumés, à oïl-pé.

    D’ailleurs, je ne suis pas très doué en histoire, je me demande bien comment était le monde horloger à cette époque de crise, de famine et de chômage.

    En 2020, il est sur que les jolis terminaux téléphoniques super « smart » ne vont plus bien se vendre. Plus de clients même pour avoir une heure plus neuve ou pour savoir si son voisin est un contaminant potentiel Mr. Green

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