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Guillaume-14, le il y a 6 années et 7 mois.
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14 mars 2020 à 3h17 #410000142770
ZEN
MembreLéon Morane pionnier de l’aviation, un destin au Zenith…L’un des pionniers les plus emblématiques de la conquête de l’air est sans doute Léon Morane. Des frères Morane, il est l’aîné d’un an de plus que son frère Robert. Léon est né le 11 avril 1885. Enfant, il s’intéresse à la technique, aux mécanismes … A 10 ans, il bricole des tricycles et traine son frère derrière lui dans une petite charrette accrochée à son « vélo ». Le terme viendra plus tard. Le petit Léon suscite admiration et enthousiasme tant il est vif et inventif.
Son adolescence est à l’image de son enfance, toujours en mouvements et bricolant des mécanismes qu’il développe et teste lui-même pour satisfaire ses besoins de de bouger sans cesse et de démontrer que ses inventions sont utiles et facteurs de mobilité. Morane n’est pas vraiment un casse-cou mais il a l’ivresse de la mécanique et est fasciné par ce qui vole. Le déplacement aérien devient une dimension qui donne à l’homme une perspective qui l’amène à se dépasser lui-même. Morane y est sensible, il porte en lui cet esprit de pionnier, indispensable pour regarder les hommes depuis le ciel avec tout ce que cela comporte de magie pour une humanité qui n’a jamais décollé du sol. Son rêve devient vite réalité lorsque jeune adulte, Léon Morane accède aux premiers aéronefs.
Il obtient à 25 ans, en 1910, le brevet de pilote numéro 54. Porteur de montres Zenith dont il fut ambassadeur et signataire du livre d’or, il va sur un avion Blériot, autre adepte de la manufacture du Locle, battre les premiers grands records du monde de vitesse en dépassant les 108 km/heure, puis la même année, le 3 septembre, il va à Trouville battre le record mondial d’altitude en faisant monter son avion à 2584 mètres, une altitude qui donne le vertige et dépasse l’espace de vol des oiseaux que l’homme se met à côtoyer dans les airs. Le public des meetings aériens est stupéfait de regarder ces hommes dans leurs machines volantes. Ces héros porteurs d’une aventure à laquelle chacun peut participer en spectateur nourrit les commentaires des journaux et des conversations. Les experts s’égarent dans l’altitude maximale que l’homme peut atteindre en restant en vie et sans que son corps ne se disperse dans l’espace.
Il faut se souvenir que 10 ans plus tôt, les avions faisaient des bonds de quelques centaines de mètres et ceci en basse altitude. L’évolution de l’aviation est fulgurante, les progrès quasi-continus et à chaque meeting, une annonce est faite d’une invention ou d’un progrès significatif. A peine un mois après l’exploit réalisé à Trouville, le 5 octobre 1910, les deux frères sont en avion, en compétition pour la course du trophée Michelin entre Paris et le Puy de Dôme. L’aventure est belle, l’excitation de ceux qui les ont regardés décoller est totale et les deux frères son emballés et sûrs d’eux. Tout commence bien et s’annonce comme un succès acquis. Pourtant, leur avion s’écrase durement les blessant grièvement.
Le journal Le Gaulois publie un article à ce sujet le 6 octobre 1910- Citation :
- « Hier matin, à neuf heures et demie, l’aviateur Léon Morane prenait à bord Robert Morane, son frère, et s’envolait du champ de manœuvres d’Issy-les-Moulineaux pour conquérir le prix Michelin que Weymann, on s’en souvient, manqua de si peu de s’adjuger le 7 septembre dernier. Il s’agissait de franchir en six heures les quatre cents et quelques kilomètres qui séparent le parc de l’Aéro-Club, à Saint-Cloud, de l’observatoire du Puy-de-Dôme. Ainsi que le règlement l’exigeait, Morane alla donc tout d’abord se faire chronométrer au-dessus des coteaux de Saint-Cloud. Il le fut officiellement à 9 h 48’43 » 3/5. Après quoi son merveilleux petit Blériot, moteur Gnôme 100 HP, hélice « Intégrale » Chauvière, fila dans la direction du sud-est.
Tout paraissait devoir marcher à merveille quand à Sucy-Bonneuil, près de la route stratégique, et non loin de Brévannes, l’appareil s’abattit tout à coup dans un champ de topinambours, et, par la vitesse acquise, y creusa un sillon de plusieurs mètres avant de s’y bloquer avec la violence qu’on imagine. Il était dix heures quinze exactement. Des passants accoururent, puis le personnel de l’hospice de Brévannes, mandé en toute hâte. On dégagea les deux hommes qui gisaient sous les débris de leur aéroplane, et tous les soins possibles en pareille occurrence leur furent aussitôt prodigués.
Léon Morane, bien que blessé très grièvement, fut admirable de sang-froid. Vers une heure, les deux frères étaient transportés à l’hospice de Brévannes, où plusieurs médecins les examinèrent. Robert Morane portait à la tête une blessure béante qui avait tout d’abord fait craindre une fracture du crâne. Ce n’était par bonheur qu’une plaie superficielle. Mais il avait au surplus une fracture de la jambe droite et une luxation de la hanche gauche. Quant à Léon Morane, outre une double fracture de la jambe gauche, il souffrait de douleurs internes qui inspiraient aux médecins les plus vives inquiétudes.
On pensa d’abord que l’accident était dû à une rupture de la commande de gauchissement. Il n’en était rien. Après une minutieuse visite de l’appareil, on s’aperçut qu’un bidon d’essence, placé défectueusement, avait immobilisé la commande en question, de même que le gouvernail de profondeur. »
*
Il en faudrait beaucoup plus pour que ces deux pilotes que sont les frères Morane, passionnés, renoncent et Léon va s’associer à un autre passionné, Raymond Saulnier, pour créer la Société Morane-Saulnier le 10 octobre 1911. Cette société fabriquera des aéronefs. Robert devient pilote d’essai de la nouvelle compagnie. La guerre va transformer l’aviation dans un premier temps cantonnée aux missions de repérage. Les pilotes revendiquent de pouvoir se battre. Les premiers combats aériens se font avec des armes classiques que le pilote tient d’une main, en conservant de l’autre main, les commandes de l’appareil.
Assez vite, les avions sont équipés et des mitrailleuses sont placées à l’avant et les balles passent entre les hélices blindées pour la circonstance afin de ne pas provoquer d’incident de vol. Lorsque les balles ricochent, cela peut être très dangereux pour le pilote et plus d’un sera blessé de cette manière. La première guerre mondiale voit tomber des centaines de pilotes et on assiste à la naissance de héros qui construisent leur notoriété sur le nombre d’avions abattus dans le camp ennemi et la difficulté des missions accomplies.
En 1918, Léon Morane a 32 ans, la vie devant lui et des projets pleins la tête. Tout va bien pour lui. Il a traversé la guerre en restant en vie et le voilà promis à un bel avenir. Homme d’entreprise, il compte bien faire progresser l’aviation. Tout le monde croit en l’avenir de Léon Morane. La grippe espagnole va pourtant le faucher le 9 octobre 1918 comme des millions d’Européens. La nouvelle d’abord noyée dans le flux du nombre de victimes face à une médecine impuissante et des Etats incapables de gérer pareille situation, surprend tout le monde de l’aviation. On pleure à la fois un pionnier de l’aviation et un héros militaire, un homme sympathique, un passionné sans signe avant-coureur d’une quelconque fragilité.
Son frère Robert qui peine à admettre la disparition de Léon mourra 50 ans plus tard après une vie d’aviateur héroïque pionnier des airs. Il y avait dans l’esprit des Morane la passion, l’enthousiasme et le culte de la performance. Il y avait aussi une part de rêve d’enfant, un pointe de romantisme qui a fait voler les hommes aux côtés des oiseaux et leur a donné la force de devenir des références à jamais inscrite dans l’histoire de l’aviation.
Léon Morane fut l’un des ambassadeurs de Zenith, un héros qui comme Louis Blériot portait très haut la domination de l’homme sur l’espace aérien. Ils étaient des aventuriers, des hommes qui avaient choisi une montre Zenith pour les accompagner dans des exploits que l’humanité garderait comme des références inoubliables de ses propres conquêtes.
*https://www.stleger.info/les72StLeger/region4/94.1910avion.htm
Droits réservés – Joël Duval – Mars 2020 – Forumamontres14 mars 2020 à 4h34 #420004282580ZEN
MembreTiens c’est marrant, dès qu’on fait un sujet fouillé, les fielleux se taisent et évitent les commentaires.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).14 mars 2020 à 4h53 #420004282581axluba
Membresympa comme article, c’est vrai qu’on oublie facilement à quelle vitesse l’aéronautique et l’aérospatiale se sont développées !
14 mars 2020 à 4h59 #420004282582broncos
MembreLes pilotes étaient quand même sacrément burnés pour voler (et faire la guerre) sur ces engins. Une pensée pour mon grand-père paternel qui était aviateur et qui a fait campagne notamment à Verdun…
14 mars 2020 à 5h05 #420004282583axluba
Membrecela dit… entre cela et les tranchées… peu de « bons » « choix ».
14 mars 2020 à 5h19 #420004282584Bruno_DN
MembreA propos des balles ricochants sur l’hélice sur un déflecteur en acier, avant qu’on ne synchronise les mitrailleuses pour passer à travers (une invention allemande en 1915), c’est Louis Blériot il me semble qui avait mis ça au point. Il parait que ça pouvait être parfois… Très limite comme système ! Les mitrailleuses synchronisées arrivent chez Focker (un système de came sur une roue tournant à la même vitesse que l’hélice qui autorise ou pas le tir séquencé de la mitralleuse pour qu’elle ne vienne pas battre l’hélice… C’est presque de l’horlogerie dans le principe !).
J’ai eu comme collègue de longues années par le passé un petit neveu d’un pionnier de l’aviation, assez aventureux pendant la Grande Guerre (5 victoires, mais plus spécialisé dans les « coups de main » pour aller chercher des espions derrière les lignes ennemies), Marcel Brindejonc des Moulinais. A priori, abattu par méprise par nos propres avions, alors qu’il volait sur un appareil allemand capturé en revenant d’une infiltration chez eux pendant la bataille de Verdun.
14 mars 2020 à 5h57 #420004282585axluba
Membreil me semble avoir lu une théorie sur le fait que ce système, ou plutôt sa malfonction, soit responsable de la mort du Baron Rouge
14 mars 2020 à 6h25 #420004282586simke
Membre- axluba a écrit:
- il me semble avoir lu une théorie sur le fait que ce système, ou plutôt sa malfonction, soit responsable de la mort du Baron Rouge
Les avions de cette époque avaient déjà un système de synchronisation très performant…
Manfred est sûrement décédé des suites de 2 blessure par balles : l’une venant des airs puis ensuite d’un tir venant d’une tranché au moment où son avion approchait le sol…La synchronisation de l’armement/moteur n’est ni allemande ni française ni anglaise : le brevet avait été déposé par un ingénieur russe.
Les allemands sont tombés sur le déflecteur à lame, système français, puis ont ensuite retrouvé les plan de l’ingénieur russe qu’ils ont modifié : la synchronisation du système russe était défaillante et lors des essais, les balles pouvaient déchiqueter les hélices : pas top !
Le système à lame était effectivement dangereux : des pilotes étant décédés, souvent par une balle revenant vers leur visage : les lames étaient placées au niveau de sortie des bouches de mitrailleuses, le pilote ayant lui la tête dans l’axe de ces mêmes mitrailleuses.
Avant que les français ne tombent sur un fokker équipé de ce fameux système de synchronisation et afin d’éviter d’utiliser le système à lame : ils placeront les mitrailleuses sur l’aile supérieure des biplan grâce au support MOREAU ou QUILIEN
Ainsi ils évitent les contraintes structurelles sur les ailes engendrées par le recul des armes…14 mars 2020 à 6h49 #420004282587simke
MembreOn peut faire un parallèle malheureusement macabre entre synchronisation et horlogerie : c’est le calcul de 1/46 ème de secondes qui a permis de cracher la mort plus vite…
14 mars 2020 à 7h03 #420004282588Bruno_DN
MembreMerci @Simke pour les détails.
Ah au fait, pour les passionnés d’aviation, et de celle de 1940, le blog de « Drix ». Très pointu
Et au sujet des choix de l’entre deux guerres pour notre aviation d’interception, cette passionnante étude sur les capacités de notre chasse, les mauvais choix faits et nos modes d’intervention, malheureux. Ce sujet m’est venu à ‘lesprit quand j’ai lu « Morane ».
Une véritable histoire de … course contre la montre.
https://aviadrix.blogspot.com/2012/06/linterception-en-1940-les-deux-cas-de.html
14 mars 2020 à 7h38 #420004282589simke
MembreDe rien @bruno_dn

A noter que les avions morane seront dès le début de la guerre, jugés obsolètes … Surtout contre le fokker Eindeker.
Morane ne rattrapera jamais son retard vis à vis d’autres petits constructeurs : DELAGE sauvera les airs français grâce à son petit Nieuport.
Malgré les films hollywoodiens : le triplan de Manfred était un avion certes virevoltant mais extrêmement pointu à piloter…Le décrochage dans certains domaines de vol était purement et simplement irratrapable…
Seuls les meilleurs Jasta ( escadrilles) en étaient pourvus et seuls les meilleurs pilotes pouvaient monter dedans.
L’industrie française devra tout de même s’adapter face à la montée en puissance des fokker.
Spad va alors produire ce qui semble être le meilleur chasseur de cette guerre : le spad13…
Malgré la production outre manche des SE5 ou sopwich, beaucoup de pilotes alliés demanderont à voler sur spad.
Morane saulnier encaissera le coup mais sans jamais réellement se relever.
14 mars 2020 à 8h00 #420004282590broncos
MembreMerci pour toutes ces précisions, les gars…
14 mars 2020 à 9h50 #420004282591Invité
MembreC’est marrant de voir que dès les années 1910 certaines marques comme Zenith avaient déjà adopté le principe de ce qu’on appelle maintenant « l’ambassadeur ».
14 mars 2020 à 10h45 #420004282592ZEN
MembreOui c’était très visionnaire et surtout d’en faire un livre d’or.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).14 mars 2020 à 11h01 #420004282593Arno
Membre600 heures sur Morane Saulnier Rallye en tant que photographe aérien …
Mais avec un Type 20 Dodane au poignet.
Marrant, je viens de retrouver le zinc avec lequel j’ai volé : le BKKU
Je ne sais pas qui est sur la photo, mais c’est pris devant le hangar de maintenance.__________________________________
« Je ne sais pas comment sera la troisième guerre mondiale, mais ce dont je suis sûr, c´est que la quatrième guerre mondiale se résoudra à coups de bâtons et de silex » A. Einstein -
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