FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › L’histoire d’une Breitling ou celle d’une vie qui a failli basculer ?
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Boub’z, le il y a 7 années et 7 mois.
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17 mars 2019 à 6h02 #410000137573
ZEN
MembreA Alexandrine,
J’ai changé les prénoms mais pas la peinture …
On est au début des années 1980, en 1983 pour être précis. Dominique est professeur de médecine. Il a 36 ans et est chef de service dans un hôpital universitaire. Son épouse, Annissa, il l’a connue dans une soirée étudiante. Elle était alors étudiante en lettres et envisageait de devenir professeur de lettres classiques. Annissa ne participait pas à la soirée à proprement parler mais tenait le vestiaire et assurait le service pour se faire un peu d’argent. Les étudiants un peu éméchés avaient voulu contraindre Annissa à monter sur une table et à danser en dénudant son ventre. Elle ne dut son salut qu’à Dominique qui mit fin à la tentative de ses camarades et plaça Annissa sous sa protection.
Le couple était très amoureux et lors de cet hiver 1983 alors que Dominiqueest de service à l’hôpital, Annissa a décidé d’aller avec leur bébé chez ses parents à 80 kilomètres de distance. La météo est celle d’un jour d’hiver grisâtre mais sans particularité annoncée. Annissa quitte l’appartement familial à 10 heures avec le bébé dans son couffin équipé d’une « petite couverture ». Elle a embarqué dans une R5 à deux portes et sur les 40 premiers kilomètres, tout se passe plutôt bien. C’est ensuite que les choses se compliquent. Il se met à tomber de petits flocons de neige épars et puis plus rien, le vent souffle et semble glacial. Il n’y a pas de thermomètre à bord. La radio ne parle de rien et évidemment pas de téléphone portable.
Sur le bord de la route, le bras et le visage ensanglantés, un couple de personnes âgées fait signe de ralentir, leur voiture sur le toit en contrebas de la route laisse imaginer un accident. Annissa s’arrête et le couple la remercie et lui indique qu’un automobiliste est parti chercher du secours. Le couple lui recommande la prudence à cause du verglas. Annissa reprend la route et voit quelques centaines de mètres plus loin deux voitures qui ont percuté le talus. Elle ralentit et l’un des naufragés de la route s’approche de la voiture et lui recommande de s’arrêter car il y a beaucoup de verglas et de nombreux accidents. Les flocons épars de neige se transforment en une pluie fine qui gèle une fois en contact avec le sol.
Annissa s’affole car la R5 dispose d’un chauffage peu performant et son bébé n’est pas couvert pour être sorti de la voiture par cette température. Pleine de scrupules de n’avoir pas anticipé le danger, elle hésite à faire demi-tour mais cela est impossible avant quelques kilomètres. Alors elle poursuit et sa voiture finit par déraper elle aussi et se plante dans le talus. Le couffin non attaché tombe de la banquette arrière et le bébé en est expulsé. Dans le choc le pare-bise et une vitre latérale se sont brisés en 1000 morceaux provoquant des plaies sur le visage du bébé et de sa maman. Avec difficulté, Annissa s’extrait de la voiture mais elle ressent une vive douleur à l’avant bras dont l’os est cassé. Elle ne parvient pas à accéder à son bébé et en larmes, elle appelle du secours mais elle est au milieu de nulle part et personne n’est assez près pour l’entendre. Le dimanche qui devait être le jour idéal pour aller présenter son bébé à ses grands-parents se transforme en cauchemar.
Annissa n’entend plus aucune voiture, il fait de plus en plus froid et paniquée elle ne sait pas quoi faire. Désemparée depuis 10 bonnes minutes, elle entend une voiture qui semble progresser vers elle. A bord un jeune homme seul semble traverser cette route transformée en patinoire sans grande difficulté. Apercevant Annissa, il s’arrête et descend pour venir vers elle. Galant, il lui donne son anorak et se précipite sur la voiture accidentée dont il force la portière arrière pour en extraire le bébé. Il le tend à Annissa, se saisit du couffin, en retire les éclats de verre et secoue la couverture et le petit oreiller du fond et propose à la jeune femme de se réfugier dans sa voiture.
Annissa veut repartir chercher son sac à main mais qu’à ce la ne tienne, c’est lui qui y va et le ramène. La pluie redouble et rien qu’en traversant la route, il manque de tomber. Le jeune homme, Philippe, roule dans le sens inverse de celui d’Annissa et va vers son point de départ. La jeune femme se met à pleurer et craque devant Philippe qui ne sait pas quoi faire. La voiture chasse plusieurs fois mais Philippe maitrise son véhicule et constate que sur le bord de la route les naufragés se chiffrent par dizaines. Plus personne ne roule et tout le monde le regarde passer admiratif de son sang froid. Pour se calmer, Philippe s’est mis une cassette d’un disque de Michel Berger et écoute en boucle « Mon fils rira du rock’n roll ».
Pendant ce temps, les parents d’Annissa inquiets de ne pas la voir arriver alertent Dominique qui appelle les pompiers avec lesquels il travaille couramment. Ces derniers lui disent que la route est impraticable et d’ailleurs les urgences commencent à être saturés de blessés légers récupérés sur le bord de la route. « Aucune voiture ne roule et la gendarmerie a interdit la circulation » lui confirme le pompier. Dominique s’inquiète et il ne sera rassuré que 3 heures plus tard quand Annissa sera déposée au pied de l’immeuble où se situe leur appartement par Philippe qu’elle invite à prendre un café.
Annissa appelle Dominique qui rentre immédiatement inquiet pour ces morceaux de verre qui ont blessé sa femme et le bébé. Heureusement, ce ne sont que des égratignures très superficielles. Annissa raconte comment Philippe les a sauvés et a traversé cette route dangereuse sans jamais paniquer. Philippe explique qu’il a roulé prudemment car il vient de s’acheter une chaine Hifi neuve et elle était dans son coffre… Dominique tient à le récompenser d’avoir sauvé sa famille. Il part dans la chambre et pense d’abord donner au jeune homme un peu d’argent liquide mais il n’a plus rien, alors il lui offre une montre, un chrono Breitling qu’il avait acheté d’occasion à l’un de ses amis.
Philippe étonné par un tel cadeau le refuse puis l’accepte sur l’insistance d’Annissa et de Dominique. Philippe n’avait pas de raison particulière de revoir dans le courant de sa vie Dominique ou Annissa. Pourtant, 14 ans plus tard, le chemin de Philippe et de Dominique vont se croiser. Philippe s’est marié et a eu un enfant qui en jouant au foot s’est fracturé le tibia. Nous sommes cette fois en 1997. C’est l’ambulance des pompiers qui amène à l’hôpital Philippe et son fils. Le médecin de garde superviseur des urgences est Dominique qui reconnait … son chrono au poignet d’un homme qui lui rappelle quelque chose. Les deux hommes se remémorent ce moment de 1983 et Dominique s’étonne que Philippe porte toujours son chrono. Philippe explique qu’il s’en sert pour arbitrer des matches quand son fils joue. Philippe est devenu professeur de philosophie. Il demande des nouvelle d’Annissa qui a eu deux autres enfants et se consacre à les élever. Elle fait par ailleurs de la peinture… « Que peint-elle ? demande Philippe . « Des paysages enneigés … Tenez, regardez j’en ai une photo dans mon portefeuille. Elle peint pendant des heures et écoute en boucle les disques de …Michel Berger. Je ne sais pas pourquoi … mais elle a du talent ! »
Philippe est troublé, très troublé et il décide quelques mois plus tard de contacter Annissa. Il la rencontrera dans son atelier de peinture et elle lui offrira une toile, celle qui est en photo dans le portefeuille de Dominique. Le bébé sauvé par Philippe est une jolie adolescente à qui sa mère a raconté mille fois leurs aventures. Elle est là quand Philippe se présente et lui dit en riant qu’elle a du tomber en panne avec sa mère dans le froid au moins 100 fois vu le nombre de récits que celle-ci lui a faits.
Annissa invite Philippe et son épouse à venir avec ses enfants diner un soir. « Je n’imagine pas comment ma vie aurait basculé si vous n’aviez pas été là ce jour là. »Philippe a positionné la peinture au dessus de son lit. Elle a vraiment du talent Annissa.
17 mars 2019 à 6h18 #420004074453raynew
Membresympa cette anecdote. Merci Msieur !
17 mars 2019 à 6h45 #420004074454Pierre-Yves
MembreTrès jolie histoire
17 mars 2019 à 7h44 #420004074455Noalio
MembreBelle histoire en effet
17 mars 2019 à 8h03 #420004074456oliveka
Membreque c’est beau! Merci!
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Le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui.17 mars 2019 à 8h13 #420004074457S n o o p y
MembreEncore une belle histoire.
17 mars 2019 à 19h59 #420004074458Fab68
MembreMerci Zen de ce beau billet.
17 mars 2019 à 20h10 #420004074459Invité
MembreTrès belle histoire, merci
17 mars 2019 à 20h49 #420004074460py3.14
MembreMerci!
17 mars 2019 à 21h02 #420004074461Chronobin
MembreMerci Zen très jolie histoire !
Ça me fait toujours sourire ce genre d’aventure qui auraient du mal à se dérouler de nos jours grâce/a cause de la technologie…18 mars 2019 à 2h16 #420004074462ZEN
MembreC’est vrai que le téléphone portable a changé nos vies …
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).18 mars 2019 à 6h01 #420004074463Leopal
MembreBelle histoire.
Oui le téléphone portable a changé nos vies mais les gens sont toujours imprudents, moi le premier qui me suis planté dans la neige il y a quelques jours sur le bas-côté, en faisant demi-tour sur une route qui devenant impraticable et ou je n’aurais pas du me trouver. Leçon apprise, dans le doute ne pas insister.18 mars 2019 à 6h17 #420004074464Arthaer
MembreTrès belle histoire.
Merci Zen18 mars 2019 à 6h23 #420004074465Bubba
MembreMerci Zen pour cette très belle histoire !
18 mars 2019 à 6h40 #420004074466caput
MembreEncore une très belle histoire dont j’ai toujours le grand plaisir de lire.
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