Oubliez les campagnes de pub traditionnelles! Une affiche, dans une grande ville chinoise, n’aura pas le même impact qu’ici. Trop de perdition, explique Yves Vulcan, patron de l’agence Darwel, spécialisée dans les marques de montres suisses. «Sur 100 000 Chinois qui passeront devant, combien sont susceptibles de s’intéresser à la montre qui y figure? Un, peut-être deux?» interpelle ce dernier, alors que le plus grand salon horloger ouvre ses portes durant encore deux jours à Bâle.
L’échelle du pays commande de s’y prendre autrement. D’autant qu’avec un revenu moyen de 600 euros par habitant, seuls 1% des consommateurs ont réellement les moyens de s’acheter une montre suisse.
C’est pourquoi Darwel s’est associé avec i2i China Group, société basée à Shanghai et active dans les plateformes de vente ciblée présentes sur WeChat. Elle en a ouvert une spécialement pour la branche, le «Swiss Made Watch», afin d’attirer l’attention des quelque 1,72 million de voyageurs et consommateurs chinois abonnés aux diverses plateformes commerciales du réseau social.
«À coups de pushs (ndlr: messages d’alertes sur le téléphone), nous les dirigeons vers l’une ou l’autre marque», explique le directeur d’i2i China Group, Alexander Glos. «De plus, avec divers magazines, nous sommes présents sur les points stratégiques où sont délivrés les visas pour sortir du pays», poursuit ce dernier. D’autres marques de luxe, en France aussi, ont été approchées, et elles sont de plus en plus nombreuses à sauter le pas, comme Cartier ou Dior.
Comme le souligne de son côté la marque Hublot, «il est impensable d’ignorer ces nouveaux canaux de communication». Quitte à abandonner les salons horlogers traditionnels comme Baselworld? «Tout dépend de la stratégie de chaque marque, mais pour Hublot, ce sont des outils complémentaires.»