L’incroyable histoire d’une montre fabriquée deux ans trop tard…

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15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 29)
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  • #420002819212

    fascinant Zen thumleft

    #420002819213
    Skyranger
    Membre

    Merci pour ce récit extra-ordinaire, et bravo au pandore pour sa ténacité.

    #420002819214
    kib
    Membre

    Merci du repêchage Zen! J’étais passé à coté, vraiment incroyable!

    Kib

    #420002819215
    alics
    Membre

    Un vrai sujet de roman policier. Merci d’avoir déterré ce sujet.😏

    #420002819216
    Lomaing
    Membre

    +1, géniale cette histoire!! Et comme le dit Seiko007, il faudrait appeler Hondelatte, j’entends déjà sa voix raconter l’histoire! ahah Smile

    #420002819217
    py3.14
    Membre

    Passionnant!

    #420002819218
    Autofam
    Membre
    ZEN a écrit:
    Je remonte cette histoire palpitante Wink

    Et c’est une bonne idée, un récit instructif, merci.

    #420002819219
    felix6684
    Membre

    Une histoire passionnante, mais ou vas tu les chercher ?
    Les montres un indice supplémentaire pour les enquêteurs, les criminels n’ont qu’à bien se tenir bravohap

    #410000110610
    ZEN
    Membre

    Je remonte cette histoire palpitante Wink

    #420002819192
    ZEN
    Membre

    C’est au petit matin d’un jour de mars 1975, près de Verdun, qu’un agriculteur, Auguste Brochard, juché sur son tracteur dans les premières brumes de l’aube aperçoit dans la terre de son champ un crâne humain. Cela lui est déjà arrivé. Sa parcelle fut le terrain de combats violents contre les Allemands et l’adage qui veut que la terre rende tout se vérifie régulièrement avec des remontées d’os humains, d’objets divers, obus, briquets, chaines, plaques militaires et parfois des montres tellement oxydées par l’humidité que seuls les modèles en or et en argent ont des boitiers qui ressemblent encore à ce que furent les montres en 1914.

    Auguste descend de son tracteur et comme d’habitude, court à la ferme pour appeler les gendarmes. Auguste a bien déjà réuni les ossements sur le bord de son champ mais s’est fait conspuer par la gendarmerie à ce sujet. Cette fois les gendarmes sont présents une heure plus tard. Le squelette est en bon état et ne comporte aucune étoffe collée sur les os. Il y a une plaque militaire autour du cou et le brigadier Chérond s’apprête à remplir son rapport quand le sous-brigadier remarque au poignet du squelette la montre en parfait état. « Regardez ! Chef ! Elle fonctionne ! » Le sous-brigadier Dubois vient de retirer la montre du poignet du squelette et après deux tours de remontoir, la voilà repartie.

    Le Brigadier Chérond est intrigué par ce fonctionnement si parfait et l’absence d’oxydation. La plaque est rapidement analysée par un spécialiste collectionneur de ce type d’objets. Il est formel. Le Poilu Robert Picard est né en 1889 et il est bien mort dans la région d’après ses fichiers reconstitués. La montre ne comporte aucune gravure de nom de famille ou de prénom. L’amateur d’objets militaires conseille d’aller la présenter à Victor Bouzel, un collectionneur installé près de Nancy. Il s’est spécialisé dans ce type de montres et devrait pouvoir donner quelques détails sur la pièce. Les gendarmes vont rencontrer ce collectionneur à son domicile. Ce dernier examine la pièce et du premier coup d’œil, identifie un modèle Lip de 1920. Le gendarme fait remarque que le cadran ne comporte aucune marque mais, le collectionneur est formel, le mouvement et la boite parlent. Il peut d’ailleurs étayer son analyse par un catalogue d’époque qui contient exactement le même modèle.

    Le brigadier Chérond va devoir rechercher comment un poilu mort en 1917 pouvait porter une montre commercialisée en 1920. Il faudra plus de six semaines pour que la médecine légale rende son rapport. Le squelette est celui d’un homme de 50 à 60 ans décédé moins de 3 ans avant la découverte et dont le corps a été enterré dans de la terre mélangée à de la chaux vive. Les fragments de terre sont en outre différent de la terre du site de Verdun. Il y a clairement deux types de terre attachés aux ossements.

    Pour le brigadier, les indices démontrent que le squelette retrouvé est le fruit d’un crime récent que l’auteur a voulu maquiller en usurpant le nom d’un poilu avec sa plaque militaire et une montre qui devait conforter la conclusion de bien avoir retrouvé un poilu lors de la découverte du squelette. La gendarmerie va rechercher les personnes de sexe masculin signalées disparues entre 1968 et 1973 dans la région. L’enquête prendra des mois sans rien donner. Le Brigadier est sur le point d’abandonner quand il entend à la radio qu’un contribuable déclaré mort a reçu un rappel de 3 ans d’impôts lorsque l’administration s’est rendue compte de son erreur. C’est donc vers les services fiscaux que se dirige le brigadier et cette fois, il va poursuivre plusieurs pistes de contribuables non signalés morts mais ne répondant plus à aucun courrier.

    Rapidement, la piste d’un ancien boucher est suivie. Divorcé, vivant seul, il a d’après ses anciens voisins déménagé du jour au lendemain comme il disait qu’il le ferait un jour depuis 20 ans. Cela n’a étonné personne. L’un des voisins pense que ce boucher avait accumulé une fortune avec des abatages de bœufs plus ou moins clandestinement. L’enquête va démontrer qu’à la veille de sa disparition l’homme avait vidé ses comptes bancaires. Il avait un associé qui lui aussi a disparu. Le gendarme est convaincu que ce second homme est l’assassin. Il réinterroge donc les voisins à la recherches d’indices. Mais cette fois l’un des témoignages l’interpelle davantage. En effet, l’un des voisins prétend que le boucher avait une jambe artificielle. Son médecin confirme cette information. Le squelette retrouvé avait bien ses deux jambes.

    Il faudra des semaines pour admettre que le boucher n’est pas la victime mais plutôt l’assassin. Un assassin qui pensait son crime parfait mais qui ne connaissait pas assez les montres pour imaginer que celle qu’il avait glissée au poignet du squelette de sa victime le trahirait. Le boucher ne fut jamais retrouvé mais son fils reçut dans les années 1990 une lettre de son père et une importante somme en espèces venant d’Espagne. Le boucher y indiquait avoir fait une bêtise qui le tenait éloigné et que malade, il sentait sa fin arriver. Il concluait par une repentance qui prenait la forme d’une phrase « Sois meilleur que moi ».

    Ce type d’histoire n’est pas isolé. Les grands champs de bataille ont souvent accueilli tardivement des cadavres afin de dissimuler les indices et faire ajouter les victimes de crimes aux victimes de guerre. En 2012, un squelette fut ainsi retrouvé dans la petite commune des Islettes, près de Verdun, dans la Meuse. L’un des seuls indices de la gendarmerie pour ne pas se laisser abuser et prendre ce squelette pour une victime de guerre fut sa montre… Celle-là était en plastique et à quartz, ce qui était évidemment très improbable pour une victime de la grande guerre. La montre était en outre réglée sur l’heure d’été et fonctionnait encore. Il ne put être identifié si c’était la victime d’un crime ou un sans domicile fixe mort naturellement dans la forêt. Aucun papier ne put confirmer ou infirmer aucune hypothèse. On sait juste que la victime est décédée entre juin et octobre, depuis moins de 3 ans (durée de la pile).

    ( http://www.rtl.fr/actu/le-mystere-de-la-montre-du-squelette-qui-fonctionne-encore-7747925479 )

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    Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).

    #420002819193
    adrienf
    Membre

    Très beau récit! Passionnant!
    Merci Chinois

    #420002819194
    seiko007
    Membre

    Étonnante histoire… il faut appeler Christophe Hondelatte ! Mr. Green
    En revanche, on a pas cherché cet assassin suite à la lettre reçue par son fils ??

    #420002819195
    aB
    Membre

    Intéressante histoire et bien racontée. Merci Zen! thumleft

    #420002819196
    voxduc25
    Membre
    seiko007 a écrit:
    En revanche, on a pas cherché cet assassin suite à la lettre reçue par son fils ??

    Il avait vécu au moins 20 ans caché il a très bien pu mourir incognito quelques mois ou années plus tard
    Histoire interessante thumleft

    #420002819197
    rogan
    Membre

    Vos histoires qui bien souvent rejoignent la grande Histoire sont un plaisir à lire Chinois

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