FORUMAMONTRES › Forums › Forum de discussions sur les montres vintages et sujets techniques › Chronographes: comparatif du feeling des poussoirs.
- Ce sujet contient 8 réponses, 6 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
carlgustav, le il y a 11 années et 10 mois.
-
AuteurMessages
-
4 décembre 2014 à 0h35 #410000108322
ouylle
MembreChers Tous,
Je me suis permis un petit comparatif anarchique de quelques mouvements chronographe en ma possession, j’ai nommé, du plus roturier au plus prestigieux (en toute subjectivité) :
1) ETA C01.211 (Swatch Chrono Automatique) ;
2) Seiko 6138 (Seiko Big Boy & Panda) ;
3) Longines L.688.2 (Saint Imier) ;
4) Lemania 1340 (Tissot Navigator) ;
5) Omega 3301 (Seamaster 300m chrono « Blakexpeditions ») ;Pour la bonne bouche, j’aborderai aussi brièvement un magnifique « oignon » Marius Favre Chronographe mono-poussoir et quelques nouveautés que j’ai eu l’occasion de tripoter dans les boutiques genevoises, soit notamment les Tag Heuer 1887, Breitling B01, Omega 3330, Glashütte Original 37-02 et Blancpain F385.
Je m’attacherai plus particulièrement au fameux « feeling » des poussoirs au déclenchement, à l’arrêt, à la relance et à la remise à zéro.
Au titre de référence, je comparerai mes sensations avec celles ressenties sur le plus banal d’entre-tous : le 7750, dont j’ai possédé (et revendu) quelques exemplaires.
Bien entendu, c’est subjectif et il manque plusieurs candidats de marque, à savoir principalement le Zenith El-Primero et le Rolex 4130. J’aurais également voulu tester les Longines 13ZN et 30CH de l’âge d’or, le Valjoux 72 ou le Heuer Calibre 11, mais on ne peut pas tout avoir… Je ne parle même pas des Patek et Lange… Pour une autre vie.
Par ailleurs, d’un exemplaire à l’autre, les sensations peuvent varier. Cela précisé, revenons à nos chronos !
1. ETA C01.211

Surprise : il n’est pas désagréable du tout ! Il s’agit d’une version simplifiée du fameux Lemania 5100, dépourvu de son attrait principal : la minute centrale du chrono.
Niveau feeling : le déclenchement est un peu dur depuis l’arrêt. La course du poussoir semble longue et la résistance est progressive jusqu’au clic.
A la mise à l’arrêt, c’est beaucoup plus doux, plus moelleux. L’un des meilleurs feelings du lot, pour tout dire !
Le redémarrage, sans être aussi rêche que l’enclenchement initial, présente un peu plus de résistance que la mise à l’arrêt.
La remise à zéro est plus dure et donne l’impression de forcer un peu sur le mouvement.
Ce qui frappe ici est avant tout l’hétérogénéité des sensations en fonction de l’action imprimée sur les poussoirs. Sur ce mouvement d’entrée de gamme, la mise à l’arrêt frappe par la souplesse de la sensation au poussoir, alors que le déclenchement donne franchement l’impression de brusquer la mécanique.
Pour une mécanique de ce prix, je le trouve bizarrement plus agréable à manipuler que le 7750. Plus « organique », avec un mélange improbable de souplesse et de dureté. Un rien agricole. Une excellente surprise, qui donne du sens à la Swatch Chrono qui le contient ; un modèle qui n’est plus fabriqué, car plus cher à fabriquer qu’à vendre. Une chouette montre et une manière comme une autre d’éprouver un peu les sensations du mythique 5100.
2. Seiko 6138

Un mouvement mythique, puisque l’un des premiers mouvements chronographe automatique du marché. On le trouve dans des montres encore assez abordables, mais dont les tarifs prennent l’ascenseur pour de beaux exemplaires d’origine.
Les sensations globales sont bonnes, roue à colonnes et embrayage vertical obligent. Pas de saut à la mise en route et feeling plus uniforme des différentes fonctions du chrono.
Les deux exemplaires que je possède réagissent de manière un peu différente, la pression sur l’un étant plus nette que sur l’autre. La course du poussoir est assez progressive, quoiqu’un peu molle. A l’enclenchement, ça craque un peu, tout en restant relativement doux.
La remise à zéro est un peu plus dure que les fonctions de mise en marche et d’arrêt. Avec l’âge, les aiguilles hésitent un peu, mais la seconde se replace encore parfaitement bien. Dans l’ensemble, c’est meilleur que le C01.211. C’est également plus agréable que le 7750. Le 6138 donne néanmoins une petite impression de fragilité dans l’actionnement des poussoirs. Je n’arrive pas à dire s’il s’agit du mouvement ou de la finition des poussoirs, mais la sensation de robustesse est un peu en-dessous.
Cela dit, mes deux exemplaires sont plus vieux que moi, n’ont probablement jamais été révisés et fonctionnent encore très bien !
L’un dans l’autre, c’est un mouvement attachant qui donne envie d’explorer ses différentes exécutions. Sans parler des chronos mécaniques Seiko modernes, souvent moches, mais parmi les plus agréables à utiliser, du peu que j’ai pu les essayer.
3. Longines L.688.2

Le plus récent du lot, mais pas révolutionnaire pour autant. Basiquement, un joli 7750 avec une roue à colonnes bleuie à la place des cames.
Je dois avouer une petite déception sur celui-ci, un peu moins agricole que le 7750, mais pas aussi doux que je l’espérais. Faute d’embrayage vertical, la seconde tressaute un peu à la remise en route.
Ce n’est pas parce qu’il n’est pas aussi bon qu’espéré qu’il n’est pas bon. Dans l’ensemble, il est plus homogène que les deux premiers. Il donne une bonne impression de solidité et les sensations sont plus définies, avec une différence marquée entre le début de la course du poussoir et la pression à proprement parler.
La remise à zéro est nette, mais la pression est un peu dure. Vu le tintouin autour de la roue à colonne, je m’attendais à plus de différence avec le 7750. Au final, c’est bien mais pas top, niveau sensations.
Le mouvement, visible, n’est pas moche (perlage et côte de Genève), mais pas incroyable non plus. J’ai pu tester rapidement son cousin Omega 3330 et la différence est assez prononcée, à tous points de vue, en faveur de ce dernier, très agréable, malgré son ascendance un peu roturière.
4. Lemania 1340

La Tissot Navigator qui l’abrite est l’une de mes montres préférées, autant pour son look, que pour l’état dans lequel je l’ai trouvée et son prix, mais surtout pour son mouvement.
Le 1340 a équipé un bataillon de belles montres, Omega Speedmaster et Seamaster en tête.
Niveau sensations, ça rappelle un peu le C01.211, mais en plus ferme. La mise en route réclame de la force, mais la course du poussoir reste progressive. L’arrêt est plus doux et produit un joli déclic, alors que la remise en route redemande un peu de force.
La remise à zéro est ferme, mais craque moins que sur le C01.211. Cela étant, la seconde et la minute centrales tardent un peu à revenir en place, le mouvement des aiguilles n’étant pas instantané. Dans l’ensemble, ce mouvement possède du caractère et donne l’impression d’être un peu moins agricole que les C01.211 et 7750.
La minute centrale le rend plus intéressant que les 3 premiers cités. J’adorerais ajouter quelques exemplaires à ma collection !
5. Omega 3301

J’ai une tendresse particulière pour ce mouvement à l’histoire sulfureuse, désormais révolue. Mon objectivité est sujette à caution pour le coup.
La montre qui l’abrite est ma préférée, celle que je porte la plupart du temps, après avoir écumé les forums à son sujet.
Le feeling est précis, avec une différence claire entre le début de la course et le déclic. A la mise en route, il faut y mettre un peu de force, mais la sensation est propre. Le clic, sans être moelleux, ne craque pas.
La mise à l’arrêt est du même acabit : nette. De manière générale, les sensations sont très homogènes entre les différentes fonctions. La sensation est franche, sans être rugueuse.
La conjonction de l’embrayage vertical et de la roue à colonnes se fait sentir et on s’éloigne carrément du 7750 ou du L.688.2.
Derrière les sensations, on sent la patte d’une belle manufacture, à savoir feu Frédéric Piguet, absorbée depuis par Blancpain. Il s’agit d’un mouvement dérivé du Piguet 1185 ayant équipé les plus grandes maisons. Un peu plus gros que ce dernier, doté d’un spiral libre et réglé à 28’000a/h, il régate encore avec les ténors du moment, même sans équipement hi-tech.
***
Gousset Marius Favre à chronographe mono-poussoir
Il s’agit d’un bijou de famille, comme on dit, dont la vénérable mécanique dépasse le siècle.
Le mouvement est tout simplement sublime et la sensation… Le mono-poussoir procure – de loin – la sensation la plus sensuelle, mais aussi la plus propre de tous les chronographes que j’ai eu l’occasion d’actionner. C’est à la fois moelleux et précis.
Bien entendu, l’aiguille tressaute un peu (beaucoup) au déclenchement et à la remise en route, mais dans ce cas de figure, on s’en fiche complètement.
J’adorerais une montre-bracelet contenant une version légèrement miniaturisée de ce mouvement. Pour la petite histoire, Marius Favre dominait les concours de chronométrie en son temps, devant… Patek, ce qui avait le don d’agacer cette dernière.En grattant un peu sur google, on trouve la trace d’une jolie controverse à la suite de résultats incroyables obtenus par les pièces de concours réglées par Marius Favre.
***Voilà pour ce que je possède et que j’ai pu tester longuement, tranquillement, en tapant ces lignes.
Cela étant, j’ai la chance de vivre dans la ville idéale pour qui aime essayer des belles montres : Genève. Aussi, je m’offre régulièrement des incursions dans les boutiques des différentes marques pour essayer les pièces qui me fracturent la rétine.
Le Tag 1887, sur la base de plans Seiko, m’a vraiment bluffé. L’actionnement des fonction chronographe est plus moelleux que le 3301, mais tout aussi propre. J’avais eu presque la même sensation sur la Seiko Flightmaster et son 6s37, mais en moins ferme que sur le 1887.
Pour le moment, au niveau des sensations à l’actionnement des poussoirs, c’est sans doute l’un des meilleurs mouvements que j’ai eu l’occasion de tester. Dommage que les Carrera, quoique jolies, ne soient pas mes préférées au niveau du design, avec toujours un je-ne-sais-quoi que j’aurais voulu autrement. Les flancs de la boite sont trop droits à mon goût.
Je me réjouis néanmoins de voir les prochains modèles équipés de ce mouvement, mais regrette l’abandon du prometteur CH80, ex-1969, qui semblait avoir tout pour lui.
Gageons qu’on le verra réapparaître ailleurs, mais où ?
Le Breitling B01, joli et ayant tout pour lui sur le papier, m’a un peu déçu à l’essai. Pas particulièrement doux, il rappelle un peu le Longines au niveau des sensations.
Je m’attendais à mieux à ce niveau de prix et vu le pédigrée de la bête…
A l’inverse, l’Omega 3330 m’a surpris en bien, pour un calibre dérivé du 7750. Essayé sur une Speedmaster Mk2 réédition, j’ai été impressionné par la différence de douceur et de précision d’avec son cousin Longines.
C’est presque un peu mieux que mon 3301, ce qui me fait mal d’avouer. Au niveau de la douceur de fonctionnent, le 9300 ne m’avait pas laissé un aussi bon souvenir, quoi qu’il soit aussi excellent (très net et propre).
Le Glashütte 37-02 a tout pour lui sur le papier et il a surtout des écrins de rêve (Seventies Chrono ou Senator).
Lorsque je suis allé le tester, je m’attendais à vivre un grand moment de jouissance chronographique. Mais comme pour le Breitling, j’ai été déçu. L’actionnement et l’arrêt, sans être brutaux, n’étaient pas extraordinaires non-plus. Le pire, c’était la remise à zéro, dure et rèche.
Pour un mouvement de ce calibre (sans mauvais jeu de mot), j’ai été surpris de trouver les sensations moins beaucoup moins propres et agréables que sur mon 3301.
Ce qu ne fut pas le cas sur le Blancpain F385. Quoique le calibre soit totalement différent du 1285, alias Omega 3301, qui équipe ma montre préférée, on sent une filiation dans les sensations des poussoirs.
C’est propre et doux, probablement encore un peu plus qu’avec le 3301, mais les sensations sont du même ordre.
Vu le pédigrée, on ne s’attendait pas à moins et cette fois-ci, on n’est pas déçu ! Au demeurant, le mouvement est superbe et ses spécifications (haute fréquence, flyback) sont sans faille.
Dans une Fifty Fathoms Bathyscaphe, il me fait carrément de l’oeil, mais pour le dire simplement : je n’ai pas (encore?) le budget.
***Voilà pour ce soir. Encore une fois, il s’agit d’une question essentiellement subjective et les sensations sont sujettes à variations d’un mouvement à l’autre.
Je serais curieux de connaître votre opinion et votre expérience par rapport aux chronographes que vous possédez, particulièrement ceux dont je n’ai pas parlé ici, Rolex et Zenith en tête.
Je ne sais pas si un topic existe déjà sur cette question ou si je devrais poster mon billet ailleurs. Merci de m’aiguiller si jamais !
Merci à ceux qui auront eu le courage de lire jusqu’au bout, s’il y en a !
Amitiés d’un taré de chronos !
4 décembre 2014 à 9h29 #420002716643Bernard
MembreBonjour,
Rassures-toi !
Tu as bien été , et sera lu …. c’est certain !
Ton évocation et photos de « beaux chronos » est intéressante et m’amène à une
observation :
Je suis relativement surpris du peu de place que prend la marque « PIERCE » (dont le calibre 134 sauf erreur)
dans la panoplie des chronos
Il me semble que le principe « d’ embrayage de la grande trotteuse » aurait dù donner droit à quelques
avis et commentaires dont : production , précision , fiabilité , longévité ….
Il ne me reste que peu de souvenirs n’en ayant eu que deux entre les « pattes » … et il y a assez longtemps ….
Bonne journée,
bm4 décembre 2014 à 9h55 #420002716644Arno
Membre- Bernard a écrit:
- Je suis relativement surpris du peu de place que prend la marque « PIERCE » (dont le calibre 134 sauf erreur)
dans la panoplie des chronos
Il me semble que le principe « d’ embrayage de la grande trotteuse » aurait dù donner droit à quelques
avis et commentaires dont : production , précision , fiabilité , longévité ….
Bonjour,
Justement, le Pierce et son embrayage par frottement est une source d’emmerdes !
C’est le chronographe « mal aimé » des collectionneurs, d’autant plus que pour mettre la main sur de la fourniture, et notamment cette saloperie de système d’embrayage, c’est la galère.
Quant aux chronos présentés par ce gentil et bon photographe, je n’en sais rien, je ne connais aucun de ces/ses chronos.
Sorti des Vénus 150 à 178, des Valjoux 23 à 886 et des Lemania/Omega 320 et 321, sans naturellement faire l’impasse sur les 13ZN et 30CH Longines, point de salut en ce qui me concerne.__________________________________
« Je ne sais pas comment sera la troisième guerre mondiale, mais ce dont je suis sûr, c´est que la quatrième guerre mondiale se résoudra à coups de bâtons et de silex » A. Einstein4 décembre 2014 à 9h59 #420002716645ouylle
MembreJamais entendu parler des Pierce…
Mais je suis certain que d’autres FAMeurs pourraient comparer le feeling des chronos de leur collection, certainement bien plus intéressante que la mienne !
C’est un peu le but de mon billet, rassembler les opinions des propriétaires de chronos au sujet du feeling à l’actionnement de leurs fonctions. J’ai pas mal gratté sur cette question et les informations sont nombreuses, mais éparpillées.
Ce serait joli d’avoir un fil dédié à ça, non ?
Amitiés !
4 décembre 2014 à 10h30 #420002716646ouylle
Membre- Arno a écrit:
- Sorti des Vénus 150 à 178, des Valjoux 23 à 886 et des Lemania/Omega 320 et 321, sans naturellement faire l’impasse sur les 13ZN et 30CH Longines, point de salut en ce qui me concerne.
Justement, tu les décrirais comment au niveau du feeling ?
Sur le plan technique, qu’est-ce qui a de l’influence sur cette question précise du feeling dans le dessin des cames/de la roue à colonnes/d’autres composants ? J’ai joué avec un Breguet Type XXI (origine Lemania sauf erreur), dont les cames procuraient plus de douceur que des mouvements à RàC: comment l’expliquer ?
Si vous avez des infos, je suis très intéressé par ces aspects !
Bonne journée !
4 décembre 2014 à 11h28 #420002716647Bernard
Membre
- Arno a écrit:
-
Bonjour,
Justement, le Pierce et son embrayage par frottement est une source d’emmerdes !
Bin voilà !!!
J’osais pas en parler

Très cordialement
bm4 décembre 2014 à 11h42 #420002716648ouylle
Membre- Bernard a écrit:
Bin voilà !!!
J’osais pas en parler

Très cordialement
bm
Cela dit, celle-ci n’est pas dégueulasse :
4 décembre 2014 à 12h54 #420002716649iqlouq
MembreAh les pierce, en effet une vraie curiosité horlogère et de bien jolis chronos en général mais le mouvement si particulier fait qu’il n’y en a très peu qui fonctionnent correctement.
J’en ai eu un, vendu, dont le chrono une fois stoppé avait un comportement totalement erratique.Quelle idée de mettre du cuir dans un mouvement de montre aussi.
4 décembre 2014 à 15h54 #420002716650carlgustav
Membre- Bernard a écrit:
Bin voilà !!!
J’osais pas en parler

Très cordialement
bm
Remarquables réalisations, ces Pierce à embrayage concentrique . Système maintenant aussi employé par PP, Piguet , fiabilité en prime.
Le problème, en occase, c’est bien sur la pièce d’usure, la garniture d’embrayage, donc, qui très logiquement finit par rendre l’âme, après quelques décennies. Normal : produit dans les années 30, ce modèle …
Sa réfection ne pose pourtant guère de problème .
-
AuteurMessages
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.