FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › L’histoire peu banale d’une LIP en argent
- Ce sujet contient 19 réponses, 17 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
flazz, le il y a 11 années et 10 mois.
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1 janvier 2014 à 0h00 #420002696641
Lomaing
MembreJolie histoire, d’un objet simple toute une histoire peut lui faire prendre une dimension tellement différente…
1 janvier 2014 à 0h00 #420002696642Leopal
MembreBelle histoire, retrouver cette montre si longtemps après à cet endroit improbable, quel moment ça a du être!
1 janvier 2014 à 0h00 #420002696643VinzSpades
MembreEdgar Alan Poesque !
1 janvier 2014 à 0h00 #420002696644DRADIN
MembreQuel plaisir de lire tes histoires de montres Zen
1 janvier 2014 à 0h00 #420002696645Timeseekee
MembreMagnifique
1 janvier 2014 à 0h00 #420002696646Wolf971
MembreJ’ADORE!!!
1 janvier 2014 à 0h00 #420002696647ZEN
MembreCe qui est dingue dans cette histoire, c’est que je connais l’un des descendants et son épouse, des gens charmants. Ils ont aimé la manière de la raconter et m’ont fait un cadeau. Il n’a rien à voir avec l’horlogerie mais il est une référence personnelle à un souvenir d’enfance, un souvenir heureux de ces moments où l’innocence de la petite enfance vous fait croire à plein de choses magiques comme l’éternité.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).1 janvier 2014 à 0h00 #420002696648pichtee
Membretrès belle histoire merci
11 novembre 2014 à 1h37 #420002696630ZEN
MembreLa famille Perval fête en 1937 la réussite du fils, Yves, à ses derniers examens de la faculté de médecine. On est à Compiègne dans l’Oise dans une maison bourgeoise du centre ville. C’est un dimanche de juillet, il fait un beau soleil avec un temps clair et une température de 27 degrés. Jean, le père d’Yves a tenu à faire une petite fête dans la maison familiale. La réussite de leur fils est pour Marie et Jean la récompense d’une longue attente. Yves s’est marié quatre ans plus tôt avec Elise, une infirmière. Ce n’est pas que le couple tenait au mariage mais le fait qu’Elise soit enceinte a précipité les choses. Benjamin a trois ans et demi. Il est espiègle et charmeur.
Dans l’assiette d’Yves, un coffret l’attend avec un gros ruban. C’est son père qui lui fait un cadeau. Yves le déballe lentement pour savourer l’instant. » Oh ! Une Lip ! Merci papa » La montre de poche est en argent avec une décoration art déco en forme d’éventail. Il y a dans la maison une vingtaine d’invités, une autre surprise pour Yves. Les parents d’Elise et leur fils cadet, des amis de la famille et deux pompiers qui ont sorti Yves d’un puits où il était tombé à l’âge de 4 ans.

Yves pose le coffret avec sa LIP au milieu de la table pour la garder sous les yeux pendant le repas. Ce cadeau le touche. A la fin du repas, chacun est invité à prendre un digestif dans le jardin. Il fait très chaud, presque 38° à l’ombre. Yves parle aux pompiers qu’il n’a jamais perdu de vue quand l’un d’eux s’effondre pris d’un malaise dû à la chaleur.
Yves l’aide à s’allonger mais l’homme est bien plus mal en point qu’il ne le semblait a priori. Il se plaint d’une douleur dans le dos et au creux du bras, il étouffe, bafouille quelques mots et perd connaissance. Yves demande à son père d’appeler les secours. Il tente en attendant, un massage cardiaque qui s’avérera vain.
La fête est gâchée par la disparition de l’homme qui a sauvé la vie d’Yves un peu moins de 30 ans plus tôt. Les invités sont désolés et Jean déçu pour son fils. Lorsque quelques heures plus tard chacun rentre chez lui, Yves glisse le coffret de sa LIP dans un sac. Elise rangera le coffret en rentrant à la maison à la sortie de Compiègne, dans l’armoire du cabinet qu’Yves a installé au rez de chaussée de la maison.
Pendant plus d’un an, Yves voit ce coffret fermé mais associe la montre à cet instant et du coup renonce à l’ouvrir. Le 11 octobre 1938, il surmonte son appréhension et se réjouit finalement de retrouver cette LIP en argent dont il espère qu’elle n’a pas noirci. Il ouvre le coffret et découvre alors avec stupeur que la montre n’est plus là. Il en parle à son père qui ne comprend pas. Tandis qu’Yves réfléchit à qui a pu lui voler la montre dans son cabinet, son père s’interroge sur la manière de retrouver une pièce identique. La montre est de toutes les conversations familiales pendant quelques semaines quand Benjamin explique en pleurant qu’il a pris la montre le jour de la fête mais a totalement oublié où il l’a mise.
Tout est alors exploré pour aider à retrouver la montre mais rien n’y fait, l’enfant a tout oublié. Jean retourne tout dans la maison en commençant par les placards à portée de main d’un enfant de 4 ans mais la recherche reste vaine.
Vingt ans plus tard, Jean et Marie quittent la maison pour un appartement plus adapté à leurs vieux jours. Yves viendra dans la maison et y transférera son cabinet. Benjamin va fêter ses 25 ans et dans le salon, près d’une plinthe, Yves explique qu’il faut se méfier car le parquet semble fragilisé. Jean confirme cette fragilité qui l’avait amené il y a une vingtaine d’années, à placer au dessus de cet espace, une commode. Benjamin en un instant revoit l’espace tel qu’il était quand soulevant une latte du parquet, il avait glissé sous celle-ci la montre au moment ou tout le monde s’affolait à l’extérieur pour réanimer le pompier. Avec son cousin qui lui avait montré cette cache, ils avaient cru que les cris entendus étaient dus à la disparition de la montre. Craignant d’être punis, les deux enfants avaient alors décidé de cacher la LIP et de ne pas en parler.

Le cousin de Benjamin avait cru que le gamin dirait tout à son père et finalement avait oublié la montre tout comme Benjamin qui plus jeune que son cousin avait enfoui cet épisode dans sa mémoire. Benjamin se met à genoux et soulevant la latte de parquet ressort ce qu’il avait caché 20 ans plus tôt dans une serviette de table. Marie et Jean n’avaient jamais fait le moindre rapprochement entre cette serviette perdue dans un service qui n’en comptait plus que 11 et la montre LIP offerte à Yves.

La montre est restée intacte, à peine oxydée … Yves la remonte presque machinalement et la montre se met à fonctionner. Se tournant vers son père, Yves lui dit « Nous avons 20 ans à rattraper ! Je ne me souvenais plus qu’elle était si belle » puis, s’adressant à Benjamin, il dit dans un sourire « C’est comme si on me l’offrait à nouveau ». Vingt ans après, la montre d’Yves a vu le temps s’arrêter pendant qu’à l’extérieur, une guerre passait et que deux Républiques s’enchaînaient. La montre a changé de siècle et est aujourd’hui aussi éclatante qu’au premier jour comme si elle était insensible au temps qu’elle mesure.
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).11 novembre 2014 à 1h37 #410000107751ZEN
MembreLes histoires se succèdent sans se ressembler … Hier, on a mis entre mes mains une montre offerte fin 1917 à un jeune officier de l’armée Française. Il est revenu indemne … la montre est en parfait état. Le militaire, fonctionnaire des impots indirects par ailleurs, l’a gardée après son retour comme une relique. Cet homme est mort en 1993 ou 1997 (je dois me le faire confirmer) et il avait donné sa montre à un horloger qui lui-même, me l’a donnée. Là aussi , j’ai toute l’histoire…
11 novembre 2014 à 10h39 #420002696631isosta
MembreIncroyable !!
mais tu vas les chercher ou ces histoires liées aux montres que tu déniches ?
De mon côté, à part quelques infos sur une Jaeger je suis sec sur toute ma collection…
compliments pour l’approche particulière bien au delà d’une simple accumulation comme nous sommes beaucoup à le faire.
Isosta
11 novembre 2014 à 11h17 #420002696632VinzSpades
MembreJ’avoue aussi dévorer tes histoires, Zen.
Outre le talent avec lequel tu composes ta collection, tes écrits sont… captivants.
Je ne connais personne qui vive sa passion avec autant d’humanité. On cherche tous plus ou moins à donner du sens à notre collection. Toi, tu lui donnes vie.Bravo. Et merci pour le partage.
11 décembre 2014 à 1h51 #420002696637KaaRavan
MembreTrès joli !
Merci
11 décembre 2014 à 2h02 #420002696638SkyWeb
MembreWouaa,
Magnifique histoire, j’ai beaucoup aimé !
Merci du partage
11 décembre 2014 à 2h39 #420002696639ZEN
Membre- isosta a écrit:
- Incroyable !!
mais tu vas les chercher ou ces histoires liées aux montres que tu déniches ?
De mon côté, à part quelques infos sur une Jaeger je suis sec sur toute ma collection…
compliments pour l’approche particulière bien au delà d’une simple accumulation comme nous sommes beaucoup à le faire.
Isosta
Des rabatteurs, des achats ciblés sur des pièces traçables et des complicités parfois avec les archivistes … ca donne des choses étonnantes comme la montre de Petetin, une pièce unique dont l’histoire fut racontée ici après 8 mois de recherches. Rien n’est jamais acquis et parfois ces recherches ne tournent à rien et ça malheureusement on le sait toujours après…
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires). -
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