Interview de JC Biver (LVMH) « l’horlogerie suisse n’a pas dit son dernier mot »

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15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 50)
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  • #410000106540
    laphroaig007
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    Interview de JC Biver (LVMH) « l’horlogerie suisse n’a pas dit son dernier mot »

    Mac4ever a écrit:
    Après la présentation de l’Apple Watch, les horlogers suisses n’ont pas été particulièrement tendres envers cette montre connectée, et les remarques de Jean-Claude Biver ont notamment défrayé la chronique. Alors qu’il est en voyage au Japon, le CEO de Hublot et président de la division Montres du groupe LVMH, a gentiment accepté de répondre à nos questions.

    La semaine dernière, les remarques de Jean-Claude Biver concernant l’Apple Watch n’ont pas manqué d’attirer l’attention. Il qualifiait son design de « trop féminin », considérait que cette montre connectée n’avait « aucun sex appeal » et finissait d’ailleurs par affirmer qu’elle avait « l’air d’avoir été conçue par un étudiant de première année ». L’homme revient pour nous sur ces déclarations et nous explique ce qui lui semble essentiel dans la design d’un objet aussi personnel qu’une montre.

    Vous avez déclaré que l’Apple Watch n’avait aucun sex-appeal, comment l’aviez-vous imaginé ? Que lui manque-t-il à votre avis ?

    Jean-Claude Biver : « Mes critiques sur le design de l’Apple Watch auraient dû rester privées et n’auraient pas dû être rendues publiques. Par contre, depuis 40 ans, j’ai toujours pensé qu’un design horloger trop parfait (dans lequel seraient absents les contraires, les contradictions et les tensions esthétiques) risquait de manquer de sex appeal. La montre est un objet particulièrement émotionnel qu’on porte tout près de soi, près du corps et souvent pendant plus de 12 heures par jour. C’est un produit dont l’esthétique et le succès obéissent à des règles encore très empiriques, et surtout, très traditionnelles. Peut-être est-ce pour cette raison qu’à ce jour, à ma connaissance, aucune montre iconique n’a été dessinées par un « designer » extérieur au métier, contrairement à la voiture, ou à d’autres produits de consommation. »

    Suite aux réactions unanimes des barons de l’horlogerie suisse qui se sont accordés à déclarer qu’ils ne craignaient en rien le lancement de l’Apple Watch, Elmar Mock, co-inventeur de la montre Swatch, s’est dit choqué du fait que ces spécialistes du « Swiss Made » aient choisi délibérément de ne pas prendre part aux mutations actuelles du marché. Face à cette accusation, Jean-Claude Biver a souhaité tempérer les choses et titille même notre curiosité concernant le lancement prochain de nouveaux produits connectés : « Il a partiellement raison, mais l’industrie horlogère a compris depuis lors l’intérêt de ce marché et elle n’a pas dit son « dernier mot ». On verra certainement des montres connectées suisses dès la Foire de Bâle 2015 »

    Suspense donc, avant Basel World, et TAG Heuer, filiale de LVMH, a d’ailleurs annoncé aujourd’hui qu’elle préparait une montre connectée, qu’elle présenterait lors de l’événement, tout en essayant de se démarquer de l’Apple Watch : « on ne peut pas se permettre de juste suivre les pas de quelqu’un d’autre » a déclaré à ce propos Jean-Claude Biver.

    Interrogé par Mac4Ever à ce sujet l’homme a d’ailleurs affirmé qu’il n’attendrait pas que le marché des smartwatch explose pour l’attaquer et que la Suisse avait les compétences nécessaires pour faire face aux géants de la Silicon Valley:

    Si le marché des smartwatch au niveau mondial vient à peser aussi lourd que la totalité de l’industrie horlogère suisse, cela vous poussera-t-il à vous lancer sur ce segment ?

    Jean-Claude Biver : « Nous n’excluons nullement de nous lancer dans ce marché et n’allons pas attendre qu’on nous y pousse. Il faut par contre que nous puissions apporter un produit qui se différencie de ceux des marques telles que Apple, Samsung, Motorala, Sony etc. Sinon nous allons courir derrière eux, alors que notre vocation c’est d’être dans notre métier : premier, différent et unique. »

    Pensez-vous que les smartwatch soient l’apanage des constructeurs informatiques, les horlogers suisses n’ayant pas leur place sur ce marché ?

    Jean-Claude Biver : « Il faut savoir que le CSEM à Neuchâtel, né de la fusion en 1984 du Centre Electronique Horloger (CEH), de la Fondation Suisse pour la Recherche en Microtechnique (FSRM) et du Laboratoire Suisse de Recherches Horlogères (LSRH) possède de nombreux brevets, d’innombrables et importantes inventions et compétences qui permettraient déjà aujourd’hui de faire une smartwatch suisse en Suisse ! Il n’est donc pas exclu de penser qu’on pourrait bientôt voir la réplique de certains horlogers suisses. »

    Après tant de teasing, il nous tarde donc de découvrir ce qui sera présenté à Basel World et de savoir si la Pomme aura un stand dédié à son Apple Watch sur le salon. Pour finir, Jean-Claude Biver précise tout de même que la montre connectée et la montre de luxe ne jouent tout de même pas dans la même cour, et ne se cannibaliseront donc pas. Il estime même que les smartwatch pourrait même préparer le terrain pour les horlogers suisses, et leur permettre de séduire plus facilement de nouveaux clients :

    Considèrez-vous que l’arrivée des montres connectées sur le marché soit une révolution comparable à celle des montres à quartz ?

    Jean-Claude Biver : « Non, car le quartz était une nouvelle technique appelée à remplacer le mouvement mécanique (ce qu’il n’a réussi à faire que dans les montres entrée de gamme), alors que la montre connectée ne remplace pas un mouvement ou une montre existante. Elle est bien plus le complément d’un téléphone, une sorte de «mini computer» au poignet. Certes elle peut concurrencer les montres suisses d’entrée de gamme, mais pas le 80% du chiffre d’affaire de notre industrie que se fait avec des montres au dessus de 1500.- CHF. Il est intéressant de noter que la plupart des montres de qualité suisse, sont surtout des produits qui «communiquent» vers l’extérieur le statut, gout, style de vie, etc de son utilisateur. Alors que les montres connectées sont des produits qui ne communiquent pas vers l’extérieur, mais «informent » son utilisateur. Il existe une grande différence entre un produit de communication et un produit d’information. Le premier est dirigé vers l’extérieur, le second est dirigé vers l’intérieur. Aussi je ne pense pas que l’un remplacera l’autre. Ce d’autant plus que la plupart des montres suisses de qualité sont des «objets éternels» à l’abri de l’obsolescence et dont la valeur a souvent tendance à augmenter avec le nombre des années. Mais la montre connectée apprendra certainement à toute une génération qu’on peut porter « quelque chose » au poignet et la préparera à travers la montre connectée, comme l’a fait en son temps la Swatch, à porter un jour une montre suisse de qualité. »

    Copyright Mac4ever.com

    Chinois

    #420002652034
    guillaume140
    Membre

    Merci Marc

    Chinois

    #420002652035
    straslike
    Membre

    Merci pour le partage. Les commentaires sur le site sont assez drôles… Mr. Green

    #420002652036
    ZEN
    Membre

    Intéressante position de JCB mais je crains que nous ne soyons dans une transformation des besoins. Le quartz se substituait au mécanique mais la montre connectée vise à être un autre outil au poignet pour se substituer à la montre.
    Dans aucun livre de science fiction, les personnages n’ont une montre au poignet. Il y aura dans le futur encore des adeptes de l’heure mais la montre connectée ce n’est pas une révolution comparable au quartz, c’est une révolution comparable à la montre bracelet qui remplace la montre de poche en rendant obsolète ce qui la précéde.

    Les amateurs d’horlogerie que nous sommes et que l’industrie voudrait conserver crient au loup mais Apple vient sans doute de marquer le premier vrai pas vers une autre forme de besoin.

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    Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).

    #420002652037
    Zoltar1572
    Membre

    " aucune montre iconique n’a été dessinées par un "designer" extérieur au métier"

    Vraiment?

    Celle-là, un jour on en parlera comme une référence au niveau design (c’est d’ailleurs le même qui a dessiné l’Apple-Watch):

    Interview de JC Biver (LVMH) "l'horlogerie suisse n'a pas dit son dernier mot" 49525a10

    Et celle-là…

    Interview de JC Biver (LVMH) "l'horlogerie suisse n'a pas dit son dernier mot" Lip-ro10

    Mais encore, la plus célèbre:

    Interview de JC Biver (LVMH) "l'horlogerie suisse n'a pas dit son dernier mot" Horlog10

    #420002652038
    H544
    Membre

    Merci Marc pour le partage.
    On sent quand même un pointe d’agacement de JLB dans ses propos, certainement attisée par le fait de s’être fait débaucher pas mal de collaborateurs par Apple…

    #420002652039
    Gacpt
    Membre
    H544 a écrit:
    Merci Marc pour le partage.
    On sent quand même un pointe d’agacement de JLB JCB dans ses propos, certainement attisée par le fait de s’être fait débaucher pas mal de collaborateurs par Apple…

    Chinois

    #420002652040
    H544
    Membre
    Gacpt a écrit:

    Chinois

    Merci Gacpt! JCB qui bosse pour LVMH ca fait JLB! clown

    #420002652041
    Cedric92
    Membre

    Je pense qu’il ne faut pas négliger une tendance qui monte, même si elle est encore très minoritaire aujourd’hui : de plus en plus de gens souhaitent la déconnexion, la « digital détox » comme disent les médias Wink

    Je ne suis donc pas sûr que l’ordinateur scotché au poignet en permanence pour lire ses mails, ses SMS et voir son statut Facebook ait un avenir radieux dans le grand-public…

    #420002652042
    FTphoto
    Membre

    Il n’y a aucun nouveau besoin de l’utilisateur auquel les montres connectées répondraient. C’est un leurre, une farce que veulent nous faire avaler les grands constructeurs informatiques. Le seul besoin existant, ce n’est pas celui de l’utilisateur mais celui des constructeurs eux-mêmes, qui recherchent grâce à ce produit, de nouvelles sources de revenus pour faire à nouveau s’envoler leur chiffre d’affaires et bénéfices. C’est tout l’objet des wearable technologies.
    Et comme il est hors de question que la montre connectée éloigne l’utilisateur des si rentables terminaux mobiles, on n’est pas prêt de voir arriver sur le marché une montre connectée complètement autonome!

    #420002652043
    ZEN
    Membre

    Je crois que ce n’est pas le vrai sujet. Autonome ou nom, ça viendra de toutes façons. La question est « Est-ce que l’homme du 21ème siècle a toujours envie et conservera l’envie de porter une montre comme celui du 19ème la voulait dans la poche ? ».

    L’heure est partout, sur le portable, dans la voiture et la détention individuelle de l’heure n’est plus l’enjeu. C’est une question comportementale qui doit préoccuper les marques de montres.

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    #420002652044
    Leopal
    Membre

    Est-ce que l’homme du 21ième siècle aimera la belle mécanique, montrer son goût pour les belles choses, et parfois afficher son statut social? Clairement, oui.

    Sinon, ce serait Dacia pour tout le monde, Bata aux pieds et le fringues prisus à gogo… Il restera toujours des amateurs pour les belles voitures, les Weston et les costumes YSL. Pareil pour les belles montres…

    #420002652045
    ZEN
    Membre
    Leopal a écrit:
    Est-ce que l’homme du 21ième siècle aimera la belle mécanique, montrer son goût pour les belles choses, et parfois afficher son statut social? Clairement, oui.

    Sinon, ce serait Dacia pour tout le monde, Bata aux pieds et le fringues prisus à gogo… Il restera toujours des amateurs pour les belles voitures, les Weston et les costumes YSL. Pareil pour les belles montres…

    De cela je ne suis pas aussi certain. Il y a un clivage générationnel entre les gens nés avec le web et ceux nés avant, la génération papier. Le culte de la possession de l’objet est très différent et après des décennies de collection, je doute ou plutôt, je redoute et je ressens que la possession dans les nouvelles générations ne porte plus sur les mêmes choses. On veut posséder les moyens de … mais l’objet est moins attaché à la vie des nouvelles générations.

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    #420002652046
    pyc2025
    Membre

    En plus de la fin de vie due à la compatibilité logicielle et hardware (que l’on peut estimer à 10 ans), on peut aussi prévoir de devoir passer en SAV pour remplacer la batterie qui aura subi trop cycles de recharge. Et quelle sera la politique tarifaire d’Apple?

    #420002652047
    heraklion7
    Membre

    Plutôt d’accord avec Zen concernant les jeunes de ma génération, ils ne s’attachent pas à un objet en particulier. En tout cas moins que la génération de nos parents.

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