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ZEN, le il y a 14 années et 5 mois.
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30 mai 2012 à 2h31 #410000083993
ZEN
MembreOmega et le marché américain au début du 20ème siècleDès la fin du 19ème siècle, Omega s’intéresse au marché américain. Quasiment toutes les manufactures suisses sont présentes sur le marché américain dès les années 1880. La concurrence avec les manufactures américaines est extrêment sévére et les uns n’hésitent pas à critiquer les autres ouvertement. Ainsi dans les revues horlogères suisses lit-on en 1904 que les Américains ont des méthodes de travail qui sont proches de l’esclavage avec des gens entassés dans des pièces minuscules pour y loger alors que l’industrie suisse respecte ses ouvriers. Les Américains parlent de leur coté des Suisses comme trop lents à prendre des décisions…
Quoi de plus logique ? L’industrie américaine a installé ses manufactures dans des zones urbaines avec de grandes manufactures et une population ouvrière qui habite sur place ou à de faibles distances mais avec des systèmes de transport de masse qui en Suisse n’existent pas encore et pour cause, les ouvriers horlogers sont aussi des ouvriers agricoles et ils mènent de front leurs deux activités qui leur impose d’être sur les terres chaque jour du printemps à l’automne. En critiquant les Américains , les Suisses rassurent leurs ouvriers.
Les deux industries ne peuvent évoluer de la même manière au même rythme. Les Suisses vont donc tenter d’exporter vers l’Amérique du nord des montres qui s’adaptent visuellement à une clientèle qui préfére les calibres rodhiés « blancs » aux calibres dorés « jaunes » et qui sont attentifs à l’empierrement plus qu’aux anglages, à la raquette plus qu’à la boite qu’il préférent plaquée or plutôt qu’en argent et massive avec des grosses couronnes plutôt que fine…
Les Suisses se font bien vite rattraper par le protectionnisme américain qui vise à défendre l’industrie du pays et va conduire dans le domaine horloger à imposer qu’une partie des montres suisses soit faite sur le territoire nord américain à défaut de quoi les montres n’y seraient pas commercialisées.
Dès lors, et compte-tenu de quotas qui vont en outre à certains moments frapper les marques, beaucoup vont utiliser des marques d’emprunt pour se faire distribuer avec des emboitages américains. Omega sera ainsi distribué sous les marques Louis Brandt ( marque et nom du fondateur) mais aussi sous Labrador, Regina et enfin Omega. (Il y eut aussi quelques autres marques dans de moindres proportions).
Les mouvements ne seront pas tous signés mais il sont reconnaissables assez facilement. Les Américains au vu des productions locales les plus soignées sont servis en calibres chronomètres souvent de 17 à 23 rubis. Longines, Omega, Vacheron & Constantin auront la même logique qualitative pour ce marché. Bien sûr, il existe une distribution de calibres 15 rubis mais les versions mieux finies ( on ne connait pas le terme haut de gamme) vont connaître un franc succès parfois sous des marques dites « Private Label ».
Voici une de ces « Private Label » , une montre W.H Cowley , horloger installé à Detroit dans le Minnesota depuis la fin du 19ème siècle. La pièce est massive car sa boite est très lourde, taillée dans la masse par fraisage. Le calibre est un puissant 19 lignes de qualité C avec 17 rubis datant de 1906/07. Les anglages sont soignés et la finition de grande qualité pour ce chrono qui reste à moins de 4 secondes par jour. La boite a un diamètre de 54 mm.
La montre est épaisse et lourde, ce qui lui donne un charme particulier et une impression de grande solidité.
Le mouvement, un 17 rubis est d’une finition poussée ( voir le contre-pivot à l’ancre) et la raquette permet un réglage fin et ultra-précis.
La qualité globale de cette montre en fait une pièce intéressante qui pèse très lourd à cause de la masse de la boite. Cette montre témoigne mieux que tout récit de l’intérêt porté par Omega au marché américain et de la qualité des pièces exportées là-bas…
[b]
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