FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › C’est peut-être cela le fin mot. ( Histoire)
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l’ébat de coin, le il y a 17 années et 7 mois.
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7 mars 2009 à 10h25 #410000040801
ZEN
MembreIl fait chaud ce 17 juillet 1907. Edmond Laffont retrouve Elvire Hastral, une jeune femme qu’il courtise dans un jardin public de cette ville de province où il fait bon vivre. L’attraction du jardin est cet arbre, un chène immense planté dit-on par Henri IV lui-même. Le chène est tellement grand qu’il se visite et a été doté d’un ascenseur et de rampes pour en parcourir les branches.
Elvire rit de bon coeur aux traits d’humour d’Edmond. Il est plus âgé qu’elle mais leur sentiment naissant les rapproche bien plus que la différence d’âge ne les éloigne.Tandis que le soleil s’abaisse dans le ciel et que la lumière se fait presque orange, Edmond propose à Elvire de diner dans ce bistrot où les amoureux achèvent leur dimanche. La jeune femme accepte sans se faire prier davantage. Elle a cette simplicité reposante des êtres qui se rendent la vie agréable en ne compliquant pas celle des autres.
La table 2 en terrasse, juste sous le platane est la table la mieux placée. Elvire a le regard qui pétille, elle boit les paroles d’Edmond qui a ce talent rare de conter les histoires et cette culture discrète qui lui permet de rebondir sur n’importe quel sujet. Edmond est de ces êtres avec lesquels on ne s’ennuie jamais. Elvire le sait et se sent si bien qu’elle oublie le temps qui passe. Le temps n’a pour elle plus aucune importance et lui oublie l’heure en ne consultant pas sa montre de poche en or glissée dans son gilet.
Edmond se sentirait bien dans sa peau s’il ne ressentait cette petite gène qui lui pince le ventre du coté gauche. Peu sensible à la douleur habituellement, il ressent des spasmes de plus en plus puissants et cette nausée qui ne présage dans on esprit rien de très positif.
Ce qui gène Edmond, c’est sans nul doute la digestion difficile de cette viande de cheval que sa mère lui a préparé et qui avait cet arrière goût amer et cette odeur de décomposition naissante.Elvire pose sa main sur la joue d’Edmond au moment où celui subit les assauts d’une suée qui innonde son front de sueur. Elle lui parle de sa vision romantique de l’amour avec ce sourire incomparablement emprunt de tendresse. Lui, concentre son attention sur la rétention. Edmond pense avoir la diarrhée, cette diarrhée au moins aussi forte que celle qu’il a connu 2 ans plus tôt après avoir consommé un civet de sanglier abattu trop longtemps avant d’être cuisiné.
Edmond sourit à Elvire, il parle d’amour, de projets d’avenir et avoue son intérêt pour la littérature. Les spasmes se rapprochent. Il lui semble maintenant que le service est beaucoup trop long. Le repas n’avance pas. Il faut absolument qu’il rentre chez lui, son envie d’aller aux toilettes est bien trop forte. Elvire lui propose d’aller marcher après le repas sous les tilleuls de l’allées des promenades. Comment refuser une marche romantique à celle qu’il aime et comment concilier cette envie avec celle de se soulager ?
Edmond sort sa montre de son gilet. Elvire admire l’instrument lourd d’une masse d’or exceptionnelle. Edmond confie avoir acheté cette pièce avec ses premières économies, 89 grammes d’or, pas moins !
Edmond ne tient plus, il doit se rendre à l’évidence et doit s’excuser auprès d’Elvire et s’absenter aux toilettes qui sont à 15 mètres plus loin au fond du jardin. Les toilettes sont une sorte de cabanon indépendant avec une porte ajourée en bas sur 30 centimètres et ne dépassant pas la hauteur d’un 1,50 mètre pour laisser la lumière pénétrer les lieux.Edmond éponge ses lèvres avec la serviette de table et d’un air détaché baise la main d’Elvire pour prendre congés quelques instants. Commence alors pour lui un second calvaire devant la porte des toilettes occupées par une dame dont il aperçoit le chapeau. Il ne faut pas moins de 7 longues minutes montre en main d’Edmond pour que cette dame qui lui donne une envie de meurtre sorte des toilettes.
Les toilettes sont dites à la turc , pas de bidet , juste un trou et un brot d’eau pour rincer les lieux au cas où. Edmond à bout de force baisse son pantalon et s’accroupit. Avant même de satisfaire son envie, il entend quelque chose tomber et toucher la surface des matières contenues dans la fosse. Non, il verra plus tard … Edmond se vide dans un bruit qui raisonne dans tout le jardin. Edmond tente de rendre discrètes ses expulsions pour éviter qu’elle n’atteignent phoniquement les oreilles d’Elvire. C’est hélas difficile à ce stade du gonflement intestinal.
Après quelques minutes, Edmond soulagé, remonte son pantalon et réajuste son gilet. Par habitude intuitive, il palpe sa poche pour vérifier la présence de sa montre. Sentant que celle-ci est vide autant que son intestin, il comprend qu’il s’est doublement délesté et que cette montre si précieuse est tombée dans la fosse lorsqu’il s’est accroupi. Il se demande immédiatement comment la récupérer sans se salir et sans avoir honte face à Elvire. Quel terrible souvenir ce serait pour le couple s’il ressortait souillé des lieux d’aisance.
Edmond regarde s’il aperçoit sa montre par la lumière qui pénétre jusqu’au fond du trou mais l’objet plus lourd a forcément coulé à pic. Edmond est désabusé… Comment n’a-t-il pas mieux accroché cette montre en or 18 carats ?
Il se saisit alors d’un cintre qui est accroché sur un clou et le démentibule pour le transformer en une tige dont il tord l’extrémité. Il retrousse sa manche et plonge le bras dans le trou avec cette tige à la main qu’il remue pour accrocher ce qu’il peut du fond de la fosse. Il entend alors un bruit sourd d’objet tombant à l’intérieur du trou mais n’y prète pas attention. Celle-ci est trop profonde et Edmond n’a réussi qu’à empuanter son bras. Il redresse la tige d’acier et reconstitue le cintre qu’il replace sur le clou. Edmond rince son bras avec le brot et se nettoie comme il peut.
Totalement dépité, il ressort des toilettes et rejoint machinalement Elvire qui regarde ses mains qu’il n’est pas allé laver, préoccupé par l’incident qui vient de lui altérer le moral.
Le couple s’apprète à quitter le restaurant et Edmond sollicite l’addition. Il s’aperçoit alors qu’il a perdu bien plus que sa montre et que son porte feuille est également tombé dans ce lieu qu’il maudit. Déconfit doublement, il doit vite se rendre à l’évidence et c’est Elvire qui règle la note. La jeune femme rit de cet incident qu’Edmond justifie par un oubli en n’osant avouer ce qu’il est advenu de ses papiers. Edmond saisit la main de la jeune femme pour la lui baiser.
Elle lui tient la main à son tour et avance son visage pour lui embrasser les doigts. Elle consate d’abord la couleur de ses ongles, lui qui est si soigné et puis elle doit reculer, l’odeur est intenable … Edmond aurait du aller se laver les mains … Comment a-t-il pu lui prendre la main dans cet état ?
La promenade romantique n’aura pas lieu, Elvire prendra congés et Edmond ne reverra jamais ni ses papiers, ni la montre, ni Elvire. Quand la merde s’installe entre les êtres, elle a souvent pour conséquence de les séparer à jamais. Edmond honteux, ne reprit jamais contact avec Elvire.
Toute sa vie Edmond s’est demandé ce qui l’avait séparé réellement d’Elvire. L’éleveur du cheval ? Le boucher ? Sa mère qui avait préparé la viande de cheval avariée ? L’horloger qui avait vendu la montre, le fabriquant du gilet qui n’avait pas permis de bien accrocher la chaine, celui de la chaine ? Le concepteur du cintre trop court, le constructeur des toilettes, la gérante du restaurant qui aurait pu installer des toilettes plus modernes, cette chaleur du 17 juilletr 1907, ce rendez-vous le mauvais jour, Elvire qui n’était pas vraiment amoureuse mais y croyait peut-être ? Cet oubli de se laver les mains, ceux qui sont passés avant lui dans les toilettes ?…
Edmond avait ce sentiment d’échec et d’un effet papillon qui s’était injustement posé sur lui. En souvenir, il avait gardé son costume , plié dans une malle. Il y avait déposé un carnet où il racontait son histoire …Le drâme de sa vie disait-il.
A la dernière page du carnet, on découvre une page écrite tardivement avec une encre bleue tranchant d’avec la couleur du reste de l’écriture des pages précédentes …
"Ce 20 avril 1991, je viens de déposer dans une malle, le carnet dans lequel je raconte l’histoire qui a bouleversé ma vie. En reprenant ma veste pour la regarder une dernière fois. Je l’ai soulevés à l’envers. J’ai vu alors ma montre tomber de la poche intérieure accrochée au bouton d’aisance de la taille et dans la seconde poche, j’ai retrouvé mes papiers que dans la hâte, j’avais rangé dans la mauvaise poche.
Je m’en veux énormément d’avoir maudit ma mère, la restauratrice et de n’avoir pas assumé une situation qui finalement n’avait d’autre cause que moi-même.
C’est dur de passer à coté des autres à cause de soi. Rien ne dit toutefois si Elvire était réellement amoureuse. C’est peut-être cela le fin mot.
7 mars 2009 à 12h16 #420000661554Guardala
MembreAh la la, si seulement il avait bu un pastis bien sec, rien ne serait arrivé…
7 mars 2009 à 15h00 #420000661555douds
MembreSacré Effet papillon…..
7 mars 2009 à 15h20 #420000661556bichão
Membrequelle bonheur de retrouver sa montre
croyant perdue a jamais, au diable le reste
7 mars 2009 à 18h40 #420000661557ZEN
MembreCette histoire certaines anecdotes ne sont pas
fossesfausses …__________________________________
Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).7 mars 2009 à 19h19 #420000661558vercassivelonos
MembreC’est que l’on reconnait son amie dans le besoin!
7 mars 2009 à 19h22 #420000661559Invité
MembreQuel sens de la poesie !
C est l origine des montres cuvette d ailleurs.
7 mars 2009 à 19h25 #420000661560Invité
MembreVous êtes ch***ts à plomber une histoire aussi bien torchée!!!
Tout cela me laisse s(c)eptique
8 mars 2009 à 21h27 #420000661561ZEN
Membreune histoire torchée !
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).8 mars 2009 à 21h42 #420000661562l’ébat de coin
MembreEdmond et Elvire n’avaient pas de destin commun , voilà tout …
Elvire a rencontré un professeur de gymnastique qui lui a fait 5 enfants et Edmond se ruinera pour une chanteuse de cabaret .
Le destin sépare les gens . -
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