Actu : Le phénomène de la contrefaçon se sophistique

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  • #410000037153
    ZEN
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    Le phénomène de la contrefaçon se sophistique

    Ce n’est pas un gag. Très régulièrement, un représentant d’une prestigieuse marque de luxe française, comme Vuitton, Chanel, Dior, Hermès ou Yves Saint Laurent… arrive à l’aéroport de Roissy avec un grand cabas rempli d’objets de sa dernière collection. Mais, dans tous ces trésors, on trouve, pour des raisons strictement pédagogiques, autant de vrais que de contrefaçons. Généralement spécialisé dans le droit de la propriété intellectuelle, ce professeur es-contrefaçons, lui-même informé par un réseau mondial d’enquêteurs privés en intelligence économique, dispense des séances de formation aux douaniers français.

    Il leur apprend à repérer les multiples manières dont sa marque est copiée. Souvent, le diable se cache dans les détails. C’est parfois la longueur d’une aiguille d’une montre qui trahit le faussaire. Ou, plus prosaïquement, la manière dont la notice d’utilisation n’a pas été correctement pliée. "La qualité des contrefaçons s’est considérablement améliorée", confirme Alexis Lopes, directeur régional des douanes de Roissy fret.

    Pour les géants du luxe, la contrefaçon altère leur image de marque et représente un manque à gagner très important. Sur les 4,6 millions d’articles (hors cigarettes) saisis en France en 2007 par les services douaniers, l’essentiel provenait de la contrefaçon de marque, d’une valeur estimée par le ministère de l’économie et des finances à 401 millions d’euros. Historiquement, l’industrie du luxe a été la première à souffrir des copies, avec son cortège de faux sacs Vuitton et de copies de montres Cartier. La contrefaçon envahit désormais tous les secteurs de l’économie – les médicaments, les piles électriques, les chaussures de sport, les clés USB, les rasoirs jetables, les pièces détachées d’automobile, les jouets et même des prothèses dentaires… En volume, les produits de luxe ne représentent plus que 20 % des saisies (contre 80 % il y a dix ans), mais restent en valeur les plus significatifs.

    "LE TRAFIC FOURMI"

    Depuis 1994, la loi Longuet a rendu pénalement répréhensible le délit de contrefaçon (trois ans de prison et 300 000 euros d’amende) et donné aux douaniers la capacité de saisir les produits contrefaits. Pour appliquer cette législation, l’une des plus répressives au monde, une collaboration régulière s’est instaurée entre le Comité Colbert – qui regroupe les 70 plus importantes maisons de luxe françaises – et l’administration des douanes. Un comité de liaison réunit régulièrement des responsables de ces groupes de luxe, des douanes et du parquet de Bobigny. "C’est une collaboration exemplaire entre privé et public", se félicite Elisabeth Ponsolle des Portes, déléguée générale du Comité Colbert.

    Les douaniers peuvent retenir pendant dix jours des marchandises suspectes, afin de s’assurer auprès du détenteur des droits, du caractère authentique ou non des produits. Ils bénéficient de services dédiés dans le fret et les colis postaux, d’une cellule de veille sur Internet et peuvent être saisis par des magistrats pour démanteler ces trafics.

    Rien qu’à Roissy, 1,5 million d’articles contrefaits ont été saisis en 2007, dont 90 % interceptés dans le fret ou les colis postaux. Chaque jour, dans l’immense hangar de fret de l’aéroport de Roissy, cinq ou six douaniers ciblent les vols qui viennent de destinations "sensibles" et vérifient le contenu de certains colis. Près de 80 % de ces faux objets de luxe sont fabriqués en Chine. Une bonne partie est expédiée directement, l’autre passe par l’Afrique, l’Espagne… Récemment, cette équipe a trouvé 100 000 bijoux siglés Yves Saint Laurent, 10 000 montres Tissot et Breitling et 2 400 bagues Chanel. Tous faux évidemment. Des bijoux Mercedes ou Nike et des téléphones Vuitton, qui ne figurent même pas dans les collections des marques, ont été saisis. "Plus de 100 tonnes de produits sont détruites par des rouleaux compresseurs ou incinérés chaque année", explique Alexis Buliard, de la cellule de ciblage du fret.

    Les touristes qui rapportent des contrefaçons, "le trafic fourmi" dans le jargon douanier, ne représentent que 10 % des saisies. S’ils sont attrapés, le double du prix du produit authentique pourrait leur être demandé. D’où la multiplication des campagnes de publicité pour rappeler aux voyageurs qu’"un faux crocodile fait courir un vrai risque"…

    Mais avec le développement du e-commerce, plus besoin de traverser les océans pour trouver des fausses Ray-Ban. La direction d’e-Bay, leader mondial du commerce électronique en sait quelque chose : le site a écopé depuis l’été de 20 000 euros de dommages et intérêts pour avoir laisser transiter par son site de faux sacs Hermès, puis d’une amende de 38 millions d’euros en faveur de LVMH pour avoir vendu des faux en pagaille (sacs, parfums, vêtements Dior ou Vuitton). Ayant fait appel de cette décision, e-Bay continue ces ventes. Forte d’une victoire juridique remportée dans un dossier similaire contre Tiffany aux Etats-Unis.

    Nicole Vulser 12 décembre 2009

    http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/12/12/le-phenomene-de-la-contrefacon-se-sophistique_1130405_1101386.html

    #420000591307
    GENGEN
    Membre

    Mouais… scratch C’est vrai qu’à la lecture de l’article on voit bien que la contrefaçon est un énorme raz-de-marée qui inonde le monde, mais de là à ce que les marques concernées pleurent en parlant de manque à gagner…

    AMHA, c’est surtout le prix qu’elles mettent pour lutter contre ce phénomène qui les attriste, car on sait tous très bien que la cible visée par la contrefaçon ne mettra jamais les pieds dans une boutique de luxe pour y acheter l’objet de ses rêve.

    Quand je vois un kéké entrer dans mon magasin et avoir le culot de me demander sans ciller si la montre qu’il a acheté au max 5 euros est vraie, ça me fait bien marrer… : "oui monsieur, en effet c’est une vraie… une vraie contrefaçon de m…e!".

    Cela dit, je comprends que ce soit dur pour une marque de voir son logo sur des produits tout juste bons à finir sous un rouleau compresseur…

    jerome

    #420000591308
    hendpton
    Membre
    GENGEN a écrit:
    Mouais… scratch C’est vrai qu’à la lecture de l’article on voit bien que la contrefaçon est un énorme raz-de-marée qui inonde le monde, mais de là à ce que les marques concernées pleurent en parlant de manque à gagner…

    AMHA, c’est surtout le prix qu’elles mettent pour lutter contre ce phénomène qui les attriste, car on sait tous très bien que la cible visée par la contrefaçon ne mettra jamais les pieds dans une boutique de luxe pour y acheter l’objet de ses rêve.

    Quand je vois un kéké entrer dans mon magasin et avoir le culot de me demander sans ciller si la montre qu’il a acheté au max 5 euros est vraie, ça me fait bien marrer… : "oui monsieur, en effet c’est une vraie… une vraie contrefaçon de m…e!".

    Cela dit, je comprends que ce soit dur pour une marque de voir son logo sur des produits tout juste bons à finir sous un rouleau compresseur…

    jerome

    Sauf que certaines de ces contrefaçons finissent aux bras de gens qui ignorent qu’il s’agit de contrefaçons (achat en seconde main). Et je pense même qu’il est fort probable que certains membres de FAM en aient au moins une dans leur collection sans même le savoir (qu’on ne me dise pas que c’est impossible, car j’ai au moins un cas précis en tête…).
    Alors forcement si on met le doute dans le marché de l’occaz, que même les amaterus avisés se font avoir… Cela peu créer une défiance envers ces marques.

    #420000591309
    dedune
    Membre
    hendpton a écrit:
    Sauf que certaines de ces contrefaçons finissent aux bras de gens qui ignorent qu’il s’agit de contrefaçons (achat en seconde main).

    +1
    Et il ne faut pas oublier que la contrebande finance une économie parallèle dont ni la Chine, ni l’Europe ne profite vraiment…

    Je vous fais pas le coup du terrorisme, mais c’est guère plus respectable comme secteur d’activité.

    #420000591310
    dedune
    Membre
    GENGEN a écrit:
    AMHA, c’est surtout le prix qu’elles mettent pour lutter contre ce phénomène qui les attriste, car on sait tous très bien que la cible visée par la contrefaçon ne mettra jamais les pieds dans une boutique de luxe pour y acheter l’objet de ses rêve.

    Je serais pas si catégorique…

    Justement, les fausses de bonne qualité visent les aficionados, les gens comme nous qui aiment les belles montres, pas le touriste lambda ou le livreur de pizza du coin….

    #420000591311
    ftikai
    Membre
    dedune a écrit:
    Je vous fais pas le coup du terrorisme, mais c’est guère plus respectable comme secteur d’activité.

    C’est devenu très respectable, depuis que leur argents sont envoyés dans les comptes des banques suisses.

    #420000591312
    nermal
    Membre

    Un vendeur de fausses Chanel J12 sévissait/sévit encore dans la région parisienne. Pressé car besoin urgent d’argent, un tarif très intéressant (1500 € je crois), joignable sur tél portable only (qui change à chaque vente), montres vendues en full-set avec la facture Chanel de la bonne taille (pas du A4)…
    Un détail relevé par un AD (qui en avait déjà vu de près, et qui, coup de pot, en avait une – vraie – sous la main, car il aurait pu s’agir d’une nouvelle version d’origine) sur les axes du bracelet… ouverture… et supercherie dévoilée…

    Anecdote que m’a racontée J-P Bérenger il y a quelques semaines.

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