Actu: Quand la science devient maître du temps

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    Quand la science devient maître du temps

    PHÉNOMÈNE |

    Pour nourrir ses besoins constants de créativité et rester concurrentielle, la haute horlogerie bénéficie désormais d’une approche visionnaire, où les artisans se muent en ingénieurs du XXIe siècle.

    FLORENCE NOËL | 29 Octobre 2007 |

    Nous sommes un mercredi matin comme tant d’autres à Genève, et pourtant, la rue de la Cité jouit d’une effervescence étonnante du côté de la petite boutique l’Heure Asch. La presse horlogère a répondu de manière unanime à l’appel du
    patron du magasin désirant présenter sa nouvelle découverte, la marque Greubel Forsey. La présence de tant de journalistes pourrait paraître incongrue tant l’industrie horlogère suisse voit naître depuis quelques années de nombreuses nouvelles marques horlogères actives dans le segment du très haut de gamme.

    Oui, mais voilà. Depuis neuf ans, Denis Hasch s’est forgé une réputation de découvreur de talents horlogers hors du commun. C’est notamment à ce Genevois d’adoption passionné d’horlogerie que l’on doit la reconnaissance médiatique de Richard Mille, créateur visionnaire de garde-temps techniquement révolutionnaires, considéré aujourd’hui comme l’une des valeurs sûres de l’horlogerie du XXIe siècle.

    Objectif perfection
    Pas étonnant dès lors que la presse accoure pour découvrir le nouveau talent déniché par Denis Asch. A vrai dire, Robert Greubel et Stephen Forsey sont loin de débuter dans cette industrie. Installés à La Chaux-de-Fonds, ces horlogers ont transformé leur atelier en véritable laboratoire, entièrement voué à la recherche, la découverte et l’expérimentation d’idées nouvelles tout en respectant les traditions horlogères suisses.

    Une approche somme toute très scientifique du métier qui occupe désormais une place de plus en plus importante dans le segment du très haut de gamme, terrain de jeu favori des complications horlogères. Ici, les artisans se muent en ingénieurs du futur, partent à la conquête des matériaux auparavant réservés aux industries de l’aérospatiale ou de l’aéronautique. Ils réinventent les concepts horlogers, abandonnent leur établi pour des logiciels informatiques hyper-sophistiqués, brevettent leurs mécanismes d’une complexité extrême et leurs designs spectaculaires. Objectif: créer la
    mesure parfaite du temps.

    Innovations majeures
    Richard Mille, Greubel Forsey, Urwerk, de Bethune, MB & G, Christophe Claret, Hysek, etc., autant de jeunes marques
    indépendantes qui obtiennent aujourd’hui non seulement les faveurs des collectionneurs mais également le respect des manufactures prestigieuses. «L’évolution technologique des concepts horlogers exclusifs est la garantie d’un bel avenir pour les acteurs de la branche», reconnaît un expert du secteur. Robert Greubel et Stephen Forsey l’ont bien compris. Passionnés, les deux horlogers créent Compli Time en 2001, une structure entièrement dédiée au déve-loppement de mouvements compliqués pour le secteur de l’horlogerie de prestige. Une entreprise qui leur permet d’entreprendre un travail qui prend des airs d’obsession: la perfection du tourbillon, ce dispositif inventé au XIXe siècle par Abraham-Louis Breguet permettant de compenser les effets de la gravitation. Révolutionnaire, le tourbillon n’en souffre pas moins d’un manque de précision qui horripile Greubel et Forsey.

    Leurs noms devenus marque horlogère, les deux hommes travaillent pendant plusieurs années sur un tourbillon ultraprécis. Le Double Tourbillon à 30° naît en 2004, un mouvement spécifiquement adapté à la montre-bracelet qui, fort de son angle de positionnement, permet une compensation des erreurs due à la gravité terrestre dans toutes les positions de la montre portée au poignet.

    Suivront trois autres inventions brevetées représentant des innovations majeures dans l’industrie de la haute horlo-gerie. Dernière découverte en date, le balancier spiral binôme en «diamantchrone». «L’idée est d’associer le balancier et le spiral avec des matériaux isochroniquement stables», expliquent les horlogers. Pas de doute: entre horlogerie et science, le mariage, tant en termes de technique qu’en matière de jargon, est bel et bien consommé

    http://www.tdg.ch/pages/home/tribune_de_geneve/l_actu/economie/detail_economie/(contenu)/151899

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