FORUMAMONTRES › Forums › FORUMAMONTRES › La pendule de l’école ( Histoire vraie hélas)
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PP3940, le il y a 19 années.
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13 octobre 2007 à 17h06 #410000021216
ZEN
MembreVous n’avez pas demandé à lire une histoire triste mais je vous conte celle-ci qui est 100% authentique hélas.
Appelons la Catherine. Catherine est née au milieu des années 40 dans une famille modeste où pour devenir quelqu’un il faut choisir entre le métier d’infirmière et celui d’institutrice.
Catherine a 24 ans quand elle se retrouve devant sa première classe de bambins de cours préparatoire. Dans ses préoccupations premières, l’apprentissage de la lecture et des chiffres bien sur et puis celui de l’heure.
Catherine fait la rencontre d’un menuisier en février 1966 chez une amie institutrice comme elle. Elle l’épouse, un samedi de mars 1971. Un homme gentil qui pour ses bambins construit une immense pendules avec un engrenage qui entraine l’aiguille des minutes quand on tourne celle de l’heure. Le système est débrayable car Catherine veut pouvoir demander à ses élèves de montrer n’importe quelle heure. C’est ingénieux et sans prétention sinon celle d’être une incitation à apprendre. 19 ans durant la pendule permet inlassablement de donner envie aux enfants de connaître l’heure et Catherine parvient fort bien dans ce domaine comme d’ailleurs elle a le don d’enseigner la lecture et le calcul.
Le 28 septembre 1990, le mari de Catherine est pris de terribles douleurs dans le ventre, les pompiers se déplacent pour l’emmener à l’hopital. Il ne connaîtra pas l’année 1991.
Catherine se retrouve seule. Elle adore les enfants et malgré un traitement adapté, la nature n’a pas voulu lui donner le plaisir d’être mère. L’adoption, elle en parlait avec son mari mais d’un seul coup, l’appartement est vide, vide comme ses forces, vide comme son envie de vivre, vide comme ses pensées.
Catherine ne surmonte pas cette disparition. Chaque seconde de sa vie lui fait penser à son mari et lorsqu’elle dort, elle est avec lui dans chacun de ses rêves.
Des encouragements, Catherine en reçoit plus que de raison, mais rien ni personne ne semble capable de l’aider. Catherine perd sa mère, dernier membre de sa famille directe un an plus tard.
Le pot de fin d’année de l’école va donner à Catherine une mauvaise occasion de penser à autre chose. L’un de ses collègues la fait boire et s’amuse de la voir rire après les mois sinistres de ses conversations lors des récréations. On se quitte ce soir de juin en lui disant qu’elle semble aller mieux et une petite tape sur l’épaule achève de l’enfermer dans sa solitude et de se donner bonne conscience.
Catherine va devoir affronter deux mois de plein silence, deux mois d’extrême isolement, deux mois qu’elle appréhende mais elle a elle-même l’impression d’aller un peu mieux parce que ce qu’elle a bu lui a fait tourner la tête autant que l’air vivifiant qu’elle respirait quand des heures durant, elle allait se promener dans les collines.
Dès le début des vacances, Catherine décompte le nombre de jours avant la rentrée scolaire, elle égraine le temps et coche sur son calendrier chaque jour qui passe.
Ce bien être furtif de la soirée de fin d’année scolaire, Catherine a envie de le retrouver. Du coup, elle retourne dans cette cave qu’elle ignore depuis un an où son mari entreposait quelques bouteilles de bon vin et de champagne. Chaque jour de consommation devient pour Catherine un jour qui se déroule mieux que le précédent.
Si au début un verre ou deux suffisent à l’ennivrement, c’est une bouteille complète qui est nécessaire à la fin des vacances.
A la rentrée chacun se félicite du retour de Catherine à la normale car sa sinistrose était crainte par les parents pour leurs chères têtes blondes.
Nul ne prête attention aux problèmes légers d’élocution de Catherine lorsqu’en début d’après midi, elle assure l’accueil des enfants.
Par contre, les parents viennent protester quand elle décide de remonter au grenier de l’école la pendule en bois qu’elle ne peut plus voir sans avoir les yeux gagnés par les larmes. Catherine pour se justifier explique que l’engrenage est cassé. Et pour cause, elle l’a totalement démonté et caché dans son appartement. On recherchera dans toute l’école l’engrenage et le directeur ira même dans chaque classe demander en vain, aux élèves qu’il suspecte de cette disparition de restituer les pièces de bois.L’année scolaire suivante devient difficile pour Catherine qui dès le matin ingurgite une dose d’alcool pour se motiver. Ses cours restent efficaces mais les parents se plaignent qu’elle fume pendant la récréation et que son haleine semble laisser s’évaporer des odeurs d’alcool. Vite, très vite, une pétition est adressée à l’inspection d’académie. Quand l’inspecteur se déplace Catherine gère sa classe normalement et rien , non rien ne permet la moindre sanction.
L’école perd ses élèves lors de la rentré suivante " c’est lécole de l’institurice qui boit" et dans l’année, on lui retire sa classe avec des recommandations de soins.
Catherine double la dose d’alcool pour oublier et puis un jour, il y a cette douleur au coeur qui la conduit à l’hopital. L’examen ne lui détecte pas d’anomalie du coeur et pourtant Catherine au delà d’un coeur immense, se souvient de chacun de ses élèves qui dans la rue viennent l’embrasser même lorsqu’ils sont devenus adultes.
Non Catherine a un autre problème médical trop avancé pour y faire quoi que ce soit. Elle disparaît seule dans sa maison entre Noël et le jour de l’an.Les héritiers viendront prendre les bijoux, et une socité de nettoyage est chargée de vider l’appartement. Dans la benne à encombrants, un ancien élève de l’école reconnait dans deux grosses roues en bois, l’engrenage de le pendule de l’école.
Cette pendule là est définitement arrêtée.
13 octobre 2007 à 17h39 #420000263215PIFPAF
MembreUn certains gout pour la mélancolie. Et les histoire triste.
Etonnant de voir l’horlogerie à travers le prisme de l’inéxorable mort.
Certes la vie n’est qu’un long compte à rebourd.
Mais dans cette vie tu peux la remplir de plein de chose. C’est meme pour moi l’intérèt de porter une belle montre, se rappeler combien le temps est précieux. Or s’attarder sur l’inéductabilité du temps c’est le meilleur moyen de le perdre, ce temps…
13 octobre 2007 à 18h17 #420000263216Amator
Membre
J’ai l’impression que Zen est en train de se spécialiser dans l’art de nous démolir le moral en début de week-end. Va falloir faire quelque chose, là…
13 octobre 2007 à 19h31 #420000263217Invité
Membre- ZEN a écrit:
- …
Catherine va devoir affronter deux mois de plein silence, deux mois d’extrême isolement, deux mois qu’elle appréhende mais elle a elle-même l’impression d’aller un peu mieux parce que ce qu’elle a bu lui a fait tourner la tête autant que l’air vivifiant qu’elle respirait quand des heures durant, elle allait se promener dans les collines.
Dès le début des vacances, Catherine décompte le nombre de jours avant la rentrée scolaire, elle égraine le temps et coche sur son calendrier chaque jour qui passe.
Ce bien être furtif de la soirée de fin d’année scolaire, Catherine a envie de le retrouver. Du coup, elle retourne dans cette cave qu’elle ignore depuis un an où son mari entreposait quelques bouteilles de bon vin et de champagne. Chaque jour de consommation devient pour Catherine un jour qui se déroule mieux que le précédent.
Si au début un verre ou deux suffisent à l’ennivrement, c’est une bouteille complète qui est nécessaire à la fin des vacances…
J’ai toujours pensé que les profs avaient trop de vacances.
L’inactivité est la mère de tous les vices, la preuve…H3
Acadomia.com…..13 octobre 2007 à 20h41 #420000263218km’rol
Membretrès belle et triste histoire
13 octobre 2007 à 20h44 #420000263219legrospascal
Membreen pleine forme Zen en ce moment….
si en plus la France perd, aie aie aie
13 octobre 2007 à 23h13 #420000263220Invité
Membre- legrospascal a écrit:
- en pleine forme Zen en ce moment….
si en plus la France perd, aie aie aie
AIE, AIE AIE
Quelle triste histoire… une connaissance Zen?
14 octobre 2007 à 8h45 #420000263221alemmar
Membre
heureusement qu’il fait très beau dehors…14 octobre 2007 à 9h48 #420000263222oscar75
MembreBelle et triste histoire.
Bien narré.
Merci d’avoir partagé.
14 octobre 2007 à 9h59 #420000263223Guy 67
MembreMerci ZEN !
__________________________________
La mode se démode, le style jamais.Membre AHA n°1Amicalement
Guy 6714 octobre 2007 à 10h40 #420000263224Lundi
MembreC’est beau, c’est triste, ça donne envie de boire, tiens !
Et ça me rappelle ce texte d’un grand poète :La pendule de l’entrée
S’est arrêtée sur midi
A ce moment très précis
Où tu m’as dit: "Je vais partir"
Et puis tu es partie
J’ai cherché le repos
J’ai vécu comme un robot
Mais aucune autre n’est venue
Remonter ma vieLà où tu vas
Tu entendras j’en suis sûr
Dans d’autres voix qui rassurent
Mes mots d’amour
Tu te prendras
Au jeu des passions qu’on jure
Mais tu verras d’aventure
Le grand amourJe sais plus si c’est Verlaine ou Baudelaire
14 octobre 2007 à 10h59 #420000263225Invité
Membrec’est de Nicolas Skorsky.
(désolé, un autre Nicolas avec un nom ressemblant!)la suite:
Ça s’en va et ça revient
C’est fait de tout petits riens
Ça se chante et ça se danse
Et ça revient, ça se retient
Comme une chanson populaire….H3
claudette14 octobre 2007 à 11h00 #420000263226rolexor
Membrezen, on vas te prescrire du lexomil, en ce moment , tu as un gout prononces pour les post tristes. la depression post accouchement serait elle la?
14 octobre 2007 à 11h36 #420000263227ZEN
MembreUne réflexion sur le temps qui passe n’est jamais si triste. c’est davantage l’attitude humaine qui parfois prête à être confondante.
Pour la dépression, je vous rassure, pas mon genre
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Contraria contrariis curantur. (Les contraires se guérissent par les contraires).14 octobre 2007 à 11h59 #420000263228loule
MembreTriste histoire qui reste belle néanmoins dans la démarche éducative

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