La passion prend de la vigueur

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    ZEN
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    La passion prend de la vigueur

    le 27 Octobre 2006

    75 ans de tradition chez Louis Erard

    Chez Louis Erard, il y en a presque pour toutes les bourses. En proposant des montres mécaniques, l’horloger franc-montagnard ménage la part du rêve. L’Esprit du Temps ventile une image de savoir-faire.

    Derrière toute création, il y a une société, une griffe, et surtout des hommes. Ces derniers ont compris que la montre doit être un objet de mode, mais dans le sens durable du terme. Chez Louis Erard, depuis 75 ans, on traque l’authenticité. C’est certainement pourquoi, qu’ils soient ronds ou carrés, les garde-temps mis sur présentoirs ont en commun ce quelque chose qui fait la différence. Corollaire du travail bien fait, la tradition est au rendez-vous de belles mécaniques, surtout masculines, qui sortent de l’atelier franc-montagnard. Hier, l’heure s’est déclinée en 18 carats, or rose, pour fêter un anniversaire résolument placé sous le signe du renouveau. En effet, afin de commémorer luxueusement l’événement, Louis Erard propose quatre modèles exclusifs issus de la collection 1931. En série limitée, comme il se doit pour l’occasion, de 75 pièces. Une manière comme une autre de donner encore plus de style au temps qui passe!
    Apparemment, les responsables de Louis Erard ont su redonner naissance, en trois ans, à une marque quelque peu écornée par des tribulations passées. De celles qui, avec d’autres manie-tout à la barre, auraient certainement mis la clé sous le paillasson. Mais voilà, L’Esprit du Temps, slogan ventilé par la griffe établie au Noirmont, s’est à nouveau fait connaître grâce à un esprit novateur. Auquel s’ajoute une vision avant-gardiste, dans le plus pur respect de la tradition. Quand on plonge ses racines dans un passé ambitieux, il reste toujours un héritage à cultiver. Encore faut-il oser!

    Succès à l’appui, force est de constater que l’administrateur délégué Alain Spinedi a su redonner une autre vie à Louis Erard. A tel point que la petite marque oubliée recommence à se faire un nom dans les milieux branchés. A cela plusieurs raisons, dont la moindre n’est pas la qualité des produits proposés. En jouant la carte de la montre mécanique, Alain Spinedi a su dompter le temps et en faire son allié sur le plan des ventes. Puisque, depuis trois ans, ces dernières sont en constante progression. Louis Erard est établi dans 35 pays, avec plus de 600 dépositaires officiels couvrant les marchés clés. Soit prioritairement la Suisse, l’Italie, les Etats-Unis et Hong Kong. Cette dernière symbolisant une porte ouverte sur la Chine.

    Or donc, Louis Erard commémore 75 ans d’existence. Un peu en dents de scie, certes, puisqu’en fouillant dans les archives, on constate des chapitres inachevés. Cependant, c’est bel et bien en 1931 que l’horloger chaux-de-fonnier Louis Erard a lancé sa première collection de montres. Beaucoup plus tard, tombée en désuétude, presque oubliée, la marque inspire Alain Spinedi. C’était en 2003. Avec, en bandoulière, une solide expérience horlogère, acquise lors du lancement de Sector (siège mondial à Neuchâtel), et en tant que directeur mondial des ventes au sein du Swatch Group, il se lance dans une nouvelle aventure. Des investisseurs et amis, nullement inféodé aux milieux horlogers, lui font confiance. Après une solide étude du marché, l’économiste plonge sans hésiter dans un créneau peu couru: celui du moyen de gamme et des montres mécaniques uniquement. Pas à dire, depuis 1986 et le lancement de la Rockwatch, Alain Spinedi a parcouru pas mal de chemin. De son propre aveu, il reconnaît avoir engrangé une expérience humaine rare lors de son passage chez Phonak.

    C’est pourquoi, aujourd’hui, Alain Spinedi prête peut-être plus facilement l’oreille à ses collaborateurs et ses pairs! Certitude, le choix du produit de niche s’avère payant.

    Team équilibré

    Au Noirmont, Louis Erard emploie une vingtaine de personnes. Dont neuf horlogers. Mais qu’on ne s’y trompe pas, la polyvalence est au rendez-vous dans les bureaux et les ateliers.
    Incontestablement, on sent une ambiance dans les locaux. Les montres concoctées, dotées de mouvements mécaniques ou automatiques spécifiquement suisses, Eta voire Soprod et Dubois Dupraz, pérennisent un savoir-faire ancestral. En rachetant la marque, Alain Spinedi s’est fait un devoir, sinon un plaisir, de mettre sur les marchés des produits en acier, dont les prix varient entre 595 et 1995 francs. Alors que les montres en or du jubilé sont positionnées dans un segment de prix variant de quelque 4950 à 5950 francs. Ce qui va, évidemment, donner un coup de pouce au chiffre d’affaires qui devraient friser les sept millions lors de l’exercice 2006. Avec quelque 15 000 montres vendues. Dont 3000 en Suisse. Projection, les responsables de Louis Erard espèrent doubler ce chiffre d’ici trois ans.

    Cela étant, les pièces proposées par la marque sont dues au savoir-faire de deux Biennois: les frères Renato et Marco Scarinzi. Dont au peut affirmer, audacieusement, que ces designers courtisés, qui ont leurs racines à Crémone, sont un peu les Stradivari (créateur des Stradivarius) du garde-temps! Bien qu’ils s’en défendent. Pourtant, on leur doit, en étroite collaboration avec Alain Spinedi, les six familles de Louis Erard. Des pièces uniques, dont ils peuvent revendiquer la paternité. Mais rien n’a été facile. Ces montres, dont certaines sont habituellement l’apanage de marques de luxe, ont été analysées, décortiquées, commentées et, une fois ou l’autre, revues et corrigées. Quelquefois, les fonds sont transparents, au même titre que la communication entre les trois acteurs impliqués dans leur création. Stakhanoviste créatif, Alain Spinedi mène ses séances de travail à la cravache. Ce qui n’est pas pour désarçonner les deux designers. Eux qui se sont pleinement identifiés aux six familles de la marque Louis Erard. Où on semble être sorti résolument des chemins quelque peu sclérosés de la profession. On a osé innover.

    A.-H. Ru.

    http://www.journaldujura.ch

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